Abbé A. : mêlé à une affaire de pédophilie dès sa première année de sacerdoce

Suisse, l’abbé A. (mention censurée par la FSSPX) est un pur produit du milieu traditionaliste du Bas-Valais. Sa mère, née L. (mention censurée par la FSSPX), est en effet la fille de feu maître L. (mention censurée par la FSSPX), ancien procureur du Bas-Valais, un des laïcs à l’origine de l’achat des bâtiments d’Écône. Par ailleurs, son oncle l’abbé L. (mention censurée par la FSSPX) est un prêtre emblématique de la FSSPX suisse. Autant dire qu’il est issu d’une véritable « dynastie » du traditionalisme valaisan. Par ailleurs, sa famille est par la force des choses très proche de celle de Mgr Fellay, puisque ce dernier a grandi à Riddes, le village dont fait partie le hameau d’Écône.

Ordonné prêtre en juin 2004, l’abbé A. (mention censurée par la FSSPX) est tout d’abord envoyé en Argentine, dans l’école de l’enfant Jésus, à La Reja, dans la province de Buenos Aires. D’après la version officielle, son tempérament se révèle mal adapté aux réalités argentines, si bien qu’il est muté. Mais la manière est bien étrange : son départ est commandé par des raisons si impérieuses qu’il doit quitter l’école de toute urgence peu avant Noël, sans même attendre la fête de clôture de l’année scolaire (les grandes vacances australes commencent à Noël). Il est alors éloigné de l’Argentine, d’abord en Colombie (mesure de première urgence de l’abbé Bouchacourt, chaque supérieur de district disposant librement sur son territoire des prêtres qui lui sont confiés), puis il suit en à peine quelques mois un parcours étrange et tortueux : Madrid, Flavigny, St.-Nicolas du Chardonnet, le tout de façon officieuse, sans que ces mutations soient signalées dans le « Cor unum ». Curieux qu’on ballade ainsi de façon officieuse, systématiquement dans des postes sans contact avec des enfants, un individu dont le seul problème est, paraît-il, d’être inadapté à la mentalité argentine.

En juillet 2005, l’abbé A. (mention censurée par la FSSPX) participe à un camp d’été dans la commune d’Evolène (Valais) et est accusé de faits de pédophilie par la famille d’un des garçons. S’ensuit un procès « canonique » au sein de la FSSPX, où le juge, Mgr Tissier de Mallerais, l’acquitte en juin 2006, estimant les preuves insuffisantes. Néanmoins, le tribunal estime les faits suffisamment troublants pour lui imposer une mesure disciplinaire peu banale : interdiction pendant 10 ans d’être en contact avec des enfants. Qu’une pareille décision soit imposée signifie que, dans l’esprit du juge, l’acquittement était sans doute dû plus à une insuffisance de preuves qu’à l’innocence de l’accusé. En d’autres termes, on a estimé que la circonspection était de mise vis-à-vis d’un individu fortement suspect, qui devait rester sous surveillance.

Oui… mais seulement 2 mois plus tard (août 2006), Mgr Fellay nomme ce même abbé A. (mention censurée par la FSSPX) à Bruxelles, un prieuré qui abrite sous le même toit une école primaire et même un dortoir !! C’est ça, éviter d’être en contact avec des enfants pendant 10 ans ?? « Bien sûr », Mgr Fellay signale son interdiction en écrivant à l’abbé Jürgen Wegner, un Allemand, alors prieur de Bruxelles. En conséquence, l’abbé Wegner écarte A. (mention censurée par la FSSPX) des apostolats avec des enfants : dans sa lettre de district de 09/2006 il écrit : « l’abbé Abbet m’assistera pour de nombreuses tâches administratives ». Seul hic, le Pater Jürgen est forcé de passer plus de la moitié de son temps hors de Bruxelles, puisqu’il est également supérieur non pas d’1 pays mais de 3 ! Il est supérieur du district de Benelux. À nous Français, la taille de ces trois petits pays peut paraître ridicule mais, si on regarde les chiffres, on s’aperçoit que le Benelux (75 000km²) est plus grand que la Bretagne et la région PACA réunies. Ce n’est pas négligeable, et le supérieur d’un tel ensemble ne peut évidemment pas rester en permanence au prieuré dont il est également supérieur local. Cela, Menzingen, qui a créé ce district de 3 pays, le savait évidemment. En d’autres termes, la maison généralice confiait sciemment au supérieur du Benelux une mission impossible : tenir à l’œil A. (mention censurée par la FSSPX). Mais, bien sûr, selon une habitude cléricale bien établie, en cas de nouveau « dérapage » de ce prêtre il serait toujours possible de montrer la lettre d’instructions et de dire : « ce n’est pas la faute de Menzingen ; des instructions avaient été données au supérieur de Bruxelles ». La lâcheté mitrée est une longue tradition dans l’épiscopat.

Faut-il ensuite s’étonner de ce qui arrivé ? En 2011 l’abbé A. (mention censurée par la FSSPX) est accusé de « attentats à la pudeur avec violences ou menaces » sur plusieurs enfants de nationalités néerlandaise et française de l’école FSSPX de Bruxelles, située au même endroit que le prieuré, dans la Rue Eendracht. Mode opératoire décrit par les plaignants : sucer le pénis des petits garçons. Et qu’on ne vienne pas nous reprocher d’écrire des choses choquantes : ce qui est choquant, ce sont ces actes ignobles, pas le fait de les dénoncer ! Au contraire, il est utile que les parents soient au courant que ces choses existent dans le « milieu tradi » et qu’il faut être sur ses gardes. En tout cas, Mgr Fellay peut être fier : il a mis délibérément en danger des dizaines d’enfants. Entretemps, l’abbé Jürgen Wegner avait été remplacé par l’abbé Benoît Wailliez et ce dernier, également supérieur de 3 pays, ne pouvait passer tout son temps à Bruxelles. Comme son prédécesseur, il lui était impossible de tenir en permanence à l’œil l’abbé A. (mention censurée par la FSSPX).

Plusieurs enfants de l’école témoignent contre le prêtre valaisan et un procès pénal se tient en Belgique en 2014. Là encore, l’abbé A. (mention censurée par la FSSPX) est acquitté pour insuffisance de preuves. On se demande bien ce qu’il faut pour faire condamner un suspect de pédophilie : lui demander poliment s’il accepte d’être suivi par une caméra pour qu’il y ait « suffisance de preuves » ? En tout cas, appel a été interjeté et on attend un nouveau procès.

Ce qui soulève bien des questions, c’est le comportement de la FSSPX. D’un côté, quand Mgr Fellay écrit en avril 2012 à une des familles, il tient pour certaine la culpabilité de son compatriote : « Qu’il soit prêtre et ait pu accomplir des actes aussi ignobles sur des enfants nous remplit de honte », puis il offre son soutien : « Même si quelques mots ne sauraient effacer le mal causé […], ces lignes veulent vous accompagner dans cette épreuve et vous dire combien nous voudrions mieux vous aider ». Mais en fait d’aide, les familles ne verront rien arriver. Au contraire, la maison généralice aussi bien que le prieuré de Bruxelles cachent aux familles des informations qui, si elles avaient été connues, auraient probablement évité aux familles de perdre leur procès en première instance. Les parents ne sont pas informés du passé trouble de A. (mention censurée par la FSSPX) en Argentine et en Suisse. On se garde bien de leur dire que l’abbé A. (mention censurée par la FSSPX) envoyait régulièrement de l’argent en Amérique latine… « pour des enfants et leurs familles ». Vous pensez bien : connue à temps, une information pareille aurait pu orienter l’enquête. Par ailleurs, rien n’a été entrepris pour creuser la piste suivante: l’année précédant les événements qui ont fait l’objet d’une plainte pénale, l’abbé A. (mention censurée par la FSSPX) venait déjà souvent dans le dortoir du pensionnat (tout en ayant interdiction « stricte » d’être en contact avec des enfants!) et passait de lit en lit pour « parler » avec les garçons. Un de ces écoliers a commencé, quelques mois plus tard, à se toucher les parties génitales en public. Confrontés à ces informations, les parents de cet élève ont réagi par un déni total et, face à une situation aussi suspecte, ni le siège du district ni la maison généralice n’ont cherché à creuser! Peur de trouver?… Plus encore: comme l’abbé A. (mention censurée par la FSSPX) avait exercé son ministère en partie à Namur, certains parents bruxellois ont manifesté le désir de prendre contact avec des parents namurois pour voir si rien de bizarre ne s’était passé là-bas. Menzingen les a rassurés sur l’air de: « N’en faites rien, nous nous en chargeons ». Or ces parents bruxellois se sont rendu compte par la suite qu’aucune recherche n’avait été menée à Namur. Faut-il s’étonner ensuite que les familles se sentent trompées? Pourquoi agir ainsi s’il n’y a rien à cacher? La FSSPX aurait-elle peur que ces pistes fassent progresser l’enquête?

Encore plus choquant : à chaque audience du procès A. (mention censurée par la FSSPX), Mgr Fellay a envoyé à Bruxelles son secrétaire particulier Raphaël Granges, qui accompagne l’abbé A. (mention censurée par la FSSPX) jusqu’à l’entrée du palais de justice, puis s’éclipse. Pourquoi se cacher ainsi ? Oui, se cacher car quand l’abbé Granges vient à Bruxelles, il ne rencontre pas les familles des enfants victimes, il ne loge même pas au prieuré FSSPX, et il vient en civil. En revanche, il est en grande conversation avec l’abbé A. (mention censurée par la FSSPX). Après ça, on nous dira que Menzingen est blanc comme neige et n’a rien à cacher… Cessons de prendre les gens pour des demeurés : quelqu’un qui n’a rien à cacher agit autrement. « Celui qui agit avec droiture vient à la lumière pour que tous voient que ses œuvres sont de Dieu » (Jean 3, 20).

Bref, Mgr Fellay envoie donc en grand secret son bras droit à Bruxelles à chaque audience du procès, pour parler avec l’accusé A. (mention censurée par la FSSPX) et s’éclipser ensuite sous le déguisement de sa tenue civile (l’abbé Granges étant un personnage peu public et peu connu, il espérait manifestement ne pas être identifié en venant sans soutane). Qui plus est, il est crucial de savoir que l’abbé Granges a exercé dans un cabinet d’avocats avant d’entrer au séminaire. Et, comme par hasard, il est natif de Riddes, le village où se trouve Écône et, comme les A. (mention censurée par la FSSPX) et les Fellay, sa famille fait partie du « club » des familles tradi du Bas-Valais. Et avec ça, Mgr Fellay prétendra sans doute que son secrétaire particulier ne fournit pas d’aide juridique à l’abbé A. (mention censurée par la FSSPX) pour être acquitté ? Est-ce bien le même Fellay qui écrivait aux familles : « Nous voudrions mieux vous aider » ?…

Par ailleurs, il faut se pincer quand on voit qui est l’avocat de A. (mention censurée par la FSSPX) : maître Kennes. C’est un des plus grands avocats de Belgique, financièrement inabordable pour toute personne « normale ». Qui paie donc les honoraires de maître Kennes ? Mais surtout, il faut savoir que maître Kennes est le n°2 du cabinet Uyttendaele. Marc Uyttendaele est un équivalent belge de maître Vergès : probablement la plus grosse pointure de tous les avocats du royaume. Décidément, dans la FSSPX on ne lésine pas sur les moyens pour faire acquitter ses prêtres ! Bien sûr, en parallèle, on se garde bien d’aider les familles à s’offrir un avocat du même format. Mais ça n’empêche pas les belles paroles adressées aux parents : « Nous voudrions mieux vous aider ». Ensuite, ah, quel dommage, les parents ont perdu en première instance.

Avec cela, il n’est pas surprenant que les familles des enfants aient perdu confiance en Mgr Fellay. Au début du scandale, certaines d’entre elles le croyaient pourtant les yeux fermés et se scandalisaient qu’on puisse mettre en doute sa parole. Quatre ans plus tard, les familles ont déchanté. Certaines, écœurées, sont enclines à jeter l’éponge. Seul un couple de parents veut encore y croire et tente vaille que vaille de conserver un dialogue ténu avec Mgr Fellay.

Revenons sur la personnalité de maître Uyttendaele, avec qui maître Kennes co-dirige un cabinet commun. Marc Uyttendaele est un personnage peu recommandable pour un catholique, a fortiori pour un prêtre : mari de Laurette Onkelinx, la Ségolène Royal belge, cet avocat use de la fonction de sa femme pour « faire du shopping » dans les ministères et mairies belges, pour obtenir un maximum de « marchés », c’est-à-dire obtenir de juteux dossiers de litiges, nombreux dans les administrations. Comme la déontologie ne l’embarrasse guère, il a été mêlé à plusieurs scandales à ce sujet.

Choisir pour sa défense le cabinet d’un pareil personnage, c’est en dire long sur sa propre moralité : « dis-moi qui tu fréquentes, je te dirai qui tu es ». De plus, maître Uyttendaele est professeur à l’ULB, une université belge notoirement d’identité maçonnique. Socialiste, comme nous l’avons vu, il se double d’un laïcard « bouffeur de curés » (sauf, curieusement, quand le « curé » en question est accusé de pédophilie). Comment un prêtre peut-il s’adresser au cabinet d’un pareil individu ? C’est un scandale au sens évangélique, une cause de chute pour les âmes. Curieusement, Mgr Fellay, qui avait donné ordre à Mgr Williamson de récuser son avocat, « cause de scandale », ne trouve rien à redire au cabinet choisi par l’abbé A. (mention censurée par la FSSPX). Deux poids, deux mesures…

Visiblement, l’abbé Granges, le secrétaire-juriste de Mgr Fellay, a fort à faire quand il vient secrètement à Bruxelles. C’est que les enjeux sont élevés pour la FSSPX : si l’abbé A. (mention censurée par la FSSPX) est acquitté en appel, il sera réputé innocent et Mgr Fellay ne pourra être inquiété pour mise en danger délibérée des enfants (avoir placé un personnage hautement suspecté de pédophilie sous le même toit qu’un pensionnat). Et l’abbé Wailliez, qui n’a rien fait quand une mère de victime lui a fait part de soupçons très spécifiques de pédophilie au sujet de l’abbé A. (mention censurée par la FSSPX), pourra également dormir sur ses deux oreilles. En d’autres termes, si l’abbé A. (mention censurée par la FSSPX) est innocenté en appel, ce sont aussi les supérieurs général et belge de la FSSPX qui seront « lavés ».

D’ailleurs, même si l’appel aboutissait à une condamnation du Valaisan, il faut savoir que l’abbé Waillez a été muté au Sri Lanka cet été 2015. Par hasard, très loin de l’Europe et quasi hors de portée de coopération judicaire. On comprend donc que Mgr Fellay mette à la manœuvre son secrétaire particulier-juriste. En revanche, on comprend moins bien pourquoi alors, en 2012, il ne mettait pas en question la culpabilité de l’abbé A. (mention censurée par la FSSPX) et promettait aux familles de les aider. « Words, words, words », disait Shakespeare. Les actes pèsent plus lourd que les paroles.

Abbé P. : un prédateur en liberté depuis près de 30 ans ?

Dans une lettre de juillet 2002 à Mgr Fellay, l’abbé P. (mention censurée par la FSSPX) reconnaît lui-même des faits de mœurs datant d’au moins 1986. La FSSPX a beau jeu de se dédouaner en disant qu’il n’est plus dans ses rangs mais il y a été jusqu’à l’été 2014 et en est sorti de son plein gré, sans en avoir jamais été exclu. Cela alors que, pendant quasi 30 ans, de multiples accusations crédibles de pédophilie ont été portées à son égard. En d’autres termes, la passivité des supérieurs de la FSSPX à l’égard de cet individu soulève de multiples questions.

Actif dans les mouvements de jeunesse dès avant son ordination sacerdotale, l’abbé P. (mention censurée par la FSSPX) n’est pas difficile à pister : comme dans un jeu scout, il suffit de suivre sa trace, à savoir en l’occurrence les accusations de pédophilie qui s’élèvent partout où il passe : Riaumont, Bruxelles, Namur, Reims, Lourdes, Mantes-la-Jolie… Certes il existe un principe de présomption d’innocence mais, quand un individu est accusé de faits du même type en de multiples endroits, par des personnes qui ne se connaissent pas, et ce sur de longues années, les soupçons deviennent très lourds. Dans ce cas, tout supérieur un tant soit peu responsable ouvre une enquête approfondie et, à titre de précaution, écarte l’intéressé de tout ministère avec des enfants. Qu’il n’en ait pas été ainsi est d’autant moins explicable que, comme nous le disions ci-dessus, l’abbé P. (mention censurée par la FSSPX), avait déjà avoué des faits de pédophilie à l’abbé Schmidberger (supérieur général de 1982-1994).

Alors, négligence caractérisée ou complicité ? En tout cas, l’attitude de la hiérarchie de la FSSPX est tout bonnement scandaleuse. L’abbé Aulagnier, alors supérieur du district de France, a laissé l’abbé P. (mention censurée par la FSSPX) prendre ses fonctions en 1993 à Conflans-Pontoise et s’occuper des mouvements de jeunesse alors qu’il était informé de plusieurs plaintes de pédophilie. Il a qualifié la mère d’une des victimes de « vieille folle ». Il faut dire que l’abbé P. (mention censurée par la FSSPX) est un de ses grands amis. Ou comment couvrir « les copains » même dans des affaires gravissimes. Songeons aussi au comportement de l’abbé Schmidberger : pendant son supériorat général (1982-1994), il avait usé suite à une dénonciation des termes les plus virulents pour interdire ad vitam à l’abbé P. (mention censurée par la FSSPX) de continuer à exercer un apostolat dans les mouvements de jeunesse… pour lever lui-même sa propre interdiction quelques semaines plus tard ! Comment l’abbé Schmidberger expliquera-t-il cette capitulation aux jeunes qui se sont plaints d’actes pédophiles de la part de l’abbé P. (mention censurée par la FSSPX) ?

Quant à Mgr Fellay, c’est encore pire : il a sabordé la seule tentative sérieuse de barrer la route à cet individu. En effet, l’abbé Laurençon, supérieur du district FSSPX de France de 1996 à 2002 avait, lui aussi, estimé crédibles les accusations d’abus sexuels sur mineurs à l’encontre de l’abbé P. (mention censurée par la FSSPX). Il décida donc d’interdire à ce dernier tout apostolat avec des jeunes. L’abbé P. (mention censurée par la FSSPX) se plaignit à Menzingen… et Mgr Fellay cassa la décision du supérieur de France. Étant donné que l’abbé P. (mention censurée par la FSSPX) avait déjà fait des aveux de faits pédophiles à la maison généralice, la conclusion s’impose : Mgr Fellay a mis délibérément en danger des dizaines de jeunes. Imaginez bien qu’entre la première plainte écrite concernant la poursuite des activités scouts de l’abbé P. (mention censurée par la FSSPX) à Conflans et sa « mise au vert » effective, en 2002, il s’est tout de même écoulé cinq ans… Il était temps, un bon quinze ans après les premiers faits connus de la FSSPX, que l’abbé P. (mention censurée par la FSSPX) avait avoués ! N’oublions pas non plus que l’abbé P. (mention censurée par la FSSPX) était en poste à Mantes-la-Jolie au moment de l’affaire de Perros-Guirec ; qu’on songe qu’il a été seul à s’occuper des scouts de Conflans-Ste-Honorine pendant que son confrère Cottard était en prison. On n’ose imaginer ce qui se sera passé pendant ce temps… Et tout cela, répétons-le, alors que Mgr Fellay était au courant des « activités » de l’abbé P. (mention censurée par la FSSPX). C’est stupéfiant !

Après tout cela, il est honteux que ce soit la mère d’une victime qui doive réagir en mai 1997 pour qu’on s’occupe enfin de retirer la charge des mouvements de jeunesse à l’abbé P. (mention censurée par la FSSPX). Viviane Lambert, puisque c’est d’elle qu’il s’agit, était scandalisée en apprenant que l’abbé P. (mention censurée par la FSSPX) exerçait toujours son ministère auprès du groupe Charles de Foucauld et ailleurs en France. Il faut dire que les abbés Cottard et Camper, prieurs de l’abbé P. (mention censurée par la FSSPX) à Conflans-Pontoise, n’avaient été informés de rien sur son passé. D’autres voix se sont également élevées et l’abbé Laurençon a finalement prononcé une interdiction en 2000, cassée comme nous l’avons dit par Mgr Fellay. En 2002, peu avant la passation de pouvoir de l’abbé Laurençon à l’abbé de Cacqueray, l’interdiction est confirmée et l’abbé P. (mention censurée par la FSSPX) est muté. Il devait initialement être envoyé « en pénitence » au carmel d’Eynesse mais ayant bien compris que Menzingen était sensible à ses jérémiades il obtint d’aller chez les religieuses de Ruffec à la place. On pourra se faire une idée du sérieux de l’application des mesures d’interdiction en visitant simplement le site de Juventas Christi. On y voit bien qu’il est aumônier, qu’il organise des pèlerinages de jeunes, pose sur les photos et signe des chroniques dans le journal de l’association et cela des années après la prétendue interdiction définitive de 2002. On lui a même accordé une année sabbatique en 2005-2006. Voilà à quoi ressemblaient en vérité les « mesures très strictes » dont parlait l’abbé Niklaus Pfluger à une victime de l’abbé P. (mention censurée par la FSSPX).

Mgr Fellay tentera peut-être de se dédouaner en arguant que l’abbé P. (mention censurée par la FSSPX) n’est aujourd’hui plus dans la FSSPX. En effet, il l’a quittée en 2014 mais de son plein gré. Mgr Fellay ne l’a jamais exclu et il ne lui a intenté de procès canonique qu’en… 2012, et ce uniquement après plainte d’une ancienne victime au Vatican. Au total, l’abbé P. (mention censurée par la FSSPX) aura donc pu exercer ses « activités » au sein de la FSSPX pendant… 26 ans avant d’être réellement inquiété !

À présent, l’abbé P. (mention censurée par la FSSPX) est « prêtre ami »* de « La Résistance » (vagus et non membre de quoi que ce soit : cette formule offre beaucoup plus de liberté et est naturellement prisée par les pervers sexuels) et il est protégé par l’abbé François Pivert, qui refuse d’écouter la moindre accusation à son égard. On notera comme les oppositions entre « La Résistance » et Mgr Fellay ne changent rien en matière de pédophilie : ce sont en réalité les réflexes « claniques » qui sont déterminants, chacun défendant bec et ongles sa structure de pouvoir, sa « boîte ». Dans ce jeu de pouvoir, les victimes des pédophiles sont victimes une nouvelle fois. Dans ce domaine, le monde traditionaliste n’est guère différent des diocèses, des congrégations et des communautés, où l’on voit que les intérêts et « la réputation » de chaque « chapelle » priment souvent sur la justice et le soin aux victimes. Les traditionalistes, qui se croient très différents des « modernistes », leur ressemblent en fait désespérément. Le présent site vise justement à souligner combien il convient de dénoncer toutes les négligences et toutes les complicités, toutes « chapelles » confondues, et à faire primer l’attention aux victimes sur les intérêts pharisaïques de tous les courants et organisations.

Concluons ce dossier P. (mention censurée par la FSSPX) par ce qui est peut-être le plus révoltant : si Mgr Fellay a ouvert très tardivement un procès canonique contre ce prêtre en 2012, c’est seulement parce qu’une victime, excédée des demi-mesures de Menzingen, s’est plainte à la section « de gravioribus delictis » de la Sacrée congrégation pour la doctrine de la foi. Mis sous pression par Rome, Mgr Fellay a été forcé d’agir. Autrement dit, le supérieur général FSSPX ne fait le ménage que lorsqu’il y est contraint et forcé. Et comme l’opportunisme est toujours bon à prendre, il s’offre alors une pirouette : avec des airs de « Monsieur Propre », il juge un inférieur dont il a été complice en lui facilitant son sinistre travail pendant des années. Soyons surs que le tribunal canonique nouvellement institué pour juger les évêques coupables ou complices de pédophilie aura bientôt un nouveau cas à traiter.

* Cette page du site cristiadatradicinalista.blogspot.com n’est plus disponible qu’aux visiteurs enregistrés (tiens, y aurait-il des choses à cacher ?) mais nous en avons fait une copie d’écranusml

Vincent Lambert victime de pédophilie dans la FSSPX ?

La presse traditionaliste, toujours prompte à déverser des flots d’encre sur l’affaire Vincent Lambert, ne le fait que sous l’angle de la « défense de la vie ». Il n’y a rien à redire en soi au fait de rappeler les principes bioéthiques de la doctrine de l’Église (quoiqu’il y ait la manière de faire, mais c’est une autre question). Ce qui est le plus troublant, c’est que personne dans le monde traditionaliste ne semble se soucier des sévices sexuels que Vincent Lambert a, selon toute vraisemblance, subis dans la Fraternité Saint-Pie X.

À l’audience du 15 janvier 2014 au tribunal administratif de Châlons-en-Champagne, Me Francis Fossier, avocat de Rachel Lambert (épouse de Vincent), a fait état d’abus sexuels subis par Vincent dans le milieu éducatif de la FSSPX. Pas le moindre écho dans le monde traditionaliste. Curieux, alors que les publications tradi suivent de si près chaque étape de ce triste feuilleton.

Session de rattrapage : pour le cas où vraiment aucun journaliste ni blogueur tradi n’aurait assisté à cette audience, le médecin qui a traité Vincent Lambert au CHU de Reims, le Dr Kariger, a publié un livre : « Ma vérité sur l’affaire Vincent Lambert » (éd. Bayard). Aux pages 37-38, il fait non seulement mention de ces propos de l’avocat mais il cite un fait médical qui les confirme : lors de la toilette intime, Vincent Lambert se recroqueville comme pour se protéger, ce que l’équipe médicale trouve insolite. La psychologue de l’hôpital ainsi que Rachel Lambert expliquent cette attitude de fuite par les abus sexuels qu’elles disent avoir été subis par Vincent dans le milieu traditionaliste. Mais là encore, aucun journaliste traditionaliste ne semble avoir lu ce livre. Pourquoi ? Il est tout de même bizarre de parler autant d’une affaire sur laquelle on ne se documente pas. À moins qu’il ne s’agisse justement de dissimulation volontaire ?

Par ailleurs, Viviane Lambert-Philippon, la mère de Vincent, a protesté autrefois contre l’attitude de l’abbé P. (mention censurée par la FSSPX) vis-à-vis de son fils. Ce prêtre était alors en poste dans la FSSPX en Champagne-Ardennes et la mère de Vincent Lambert l’a accusé d’avoir commis des actes de pédophilie sur deux de ses fils, dont Vincent. Des lettres virulentes de Mme Lambert se trouvent d’ailleurs à Suresnes. (Voir à ce sujet notre page « Abbé P. »). Croyez-vous qu’elle ait été écoutée ? Dix ans après les faits de pédophilie sur son fils, elle a encore dû se plaindre auprès de la Fraternité Saint-Pie X que son abuseur s’occupait toujours de louveteaux et scouts à Conflans-Pontoise et ailleurs, comme à des camps. L’abbé Paul Aulagnier, interrogé par une autre victime de l’abbé P. (mention censurée par la FSSPX) sur cet incompréhensible état de fait, a d’ailleurs osé traiter Mme Lambert de « vieille folle ». On voit de quel côté penche la compassion.

Abbé Christophe Roisnel : viols et actes de barbarie

 

Dans le monde traditionaliste des Yvelines, il y a l’histoire de l’abbé Christophe Roisnel (Fraternité Saint-Pie X). Directeur de l’école Notre-Dame-de-la-Sablonnière à Goussonville, il est accusé d’avoir violé régulièrement, en 2010 et 2011, trois des enseignantes de l’établissement et de leur avoir fait subir des sévices que l’enquête a qualifiés de « tortures » et « actes de barbarie ».  Son procès devrait s’ouvrir bientôt. L’abbé Régis de Cacqueray et Mgr Bernard Fellay seront-ils inculpés pour non dénonciation de crime ? Il n’est pas impossible que la justice l’envisage.

Voici des articles de presse qui donnent un assez bon aperçu de l’affaire Roisnel :

Mediapart : Pédophilie dans l’Eglise: le livre noir des traditionalistes

Paris Match : les séances d’exorcisme tournent aux viols

Le Parisien : un prêtre intégriste mis en examen pour viol

Dreuz.info : quand un prêtre méga-puritain devient un délinquant sexuel

La Rotative : Enquête sur un prêtre traditionaliste accusé de viol

Certes, dès avant l’intervention du procureur de la république, « la Fraternité Saint-Pie X s’était déjà emparée du dossier en faisant comparaître le prêtre déviant lors d’un procès canonique ». Pas plus qu’à n’importe quelle organisation, on ne peut reprocher à la FSSPX les déviations de ses membres si elle prend les mesures nécessaires pour les prévenir ou les réprimer. Mais justement, quel a été le résultat de ce procès canonique ? Comme le savent les traditionalistes des Yvelines, l’abbé Roisnel a « été mis à l’écart durant deux ans dans un couvent » [les capucins de Morgon]. On reste interloqué devant la clémence de cette peine et, quand on la rapproche de la promotion de l’abbé D. pour des faits de fornication, on se dit que, dans la FSSPX, on ne risque pas grand-chose à avoir un comportement sexuel déviant. Et même quand un clerc FSSPX est réduit à l’état laïc pour relations intimes avec une femme adulte, il se trouve l’abbé Niklaus Pfluger, premier assistant de Mgr Fellay, pour dire en substance : « Cette réduction à l’état laïc est assez sévère. C’était la première incartade sexuelle de l’intéressé, et c’était avec une femme adulte, pas avec un enfant ni avec un homme ». Bref, on tombe des nues… La FSSPX a-t-elle une politique cohérente dans le domaine des écarts sexuels ?

Par ailleurs, ces mises à l’écart sont une pratique courante dans le clergé (sur ce point, la FSSPX ne fait ni mieux ni pire que les évêchés), qui éloigne les auteurs pour un certain temps. Malheureusement, comme les diocèses et congrégations, la FSSPX place ensuite souvent ces clercs déviants dans de nouveaux lieux, sans avertir le nouveau supérieur local des antécédents. Cela constitue ainsi une « invitation » à la récidive. Aveuglement volontaire ou simple « stupidité » ? Le résultat est de toute façon grave, et encore plus quand il s’agit de prêtres pédophiles.

Abbé D. : une préparation très concrète au mariage

Certains traditionalistes de la région bordelaise connaissent les vraies raisons du départ soudain de l’abbé D. (Fraternité Saint-Pie X) : au lieu d’enseigner à une fiancée le catéchisme des fiançailles et du mariage, il lui donnait des leçons très concrètes de relations matrimoniales, avec exercices pratiques. Ca se passe de commentaires. Croyez-vous que l’intéressé ait été puni ? Il est à présent n°2 d’un des plus gros districts de la FSSPX. Moralité (si on ose dire…) : si vous êtes prêtre « tradi », tapez-vous une jeune femme au nez et à la barbe de son fiancé, et Menzingen vous fera monter en grade. Chez les traditionalistes, ça marche visiblement comme ça. Nous ne faisons que constater les faits.

Seuls les naïfs croient que les affaires de mœurs, « ça n’arrive que chez les modernistes ». L’histoire de l’Eglise montre que cela est arrivé partout et à toutes les époques parce que les clercs restent des êtres humains et que la soutane ne les transforme pas par miracle en anges de lumière. En un sens, il n’y a donc rien de surprenant à ce que ça se produise aussi chez les « tradis ». Ce qui est une cause beaucoup plus profonde de scandale pour les âmes, c’est de voir comment des comportements aussi déviants sont suivis d’une promotion. « Le poisson pourrit par la tête », dit le proverbe.

Il est crucial d’ouvrir les yeux sur la réalité. Nous l’avons constaté plusieurs fois : trop souvent, des clercs « tradi » qui se permettent des écarts sexuels restent longtemps impunis parce que les fidèles idéalisent le sacerdoce et sont dans ce qu’on appelle psychologiquement « le déni » : ils refusent a priori d’admettre la possibilité qu’un « bon prêtre » commette des délits sexuels. Ne tombons pas dans la paranoïa mais il est important de savoir que cela existe bel et bien, y compris « dans nos milieux », et ainsi les cas réels qui se produisent pourront être réprimés efficacement. Du moins… si les autorités ne sont pas complices. Or, comme nous le montrons dans d’autres pages de ce site, des affaires bien plus graves de pédophilie ne sont « sanctionnées » que d’une mutation. Décidément, il y a quelque chose de pourri au royaume tradi…