Abbé Christophe Roisnel : viols et actes de barbarie

 

Dans le monde traditionaliste des Yvelines, il y a l’histoire de l’abbé Christophe Roisnel (Fraternité Saint-Pie X). Directeur de l’école Notre-Dame-de-la-Sablonnière à Goussonville, il est accusé d’avoir violé régulièrement, en 2010 et 2011, trois des enseignantes de l’établissement et de leur avoir fait subir des sévices que l’enquête a qualifiés de « tortures » et « actes de barbarie ».  Son procès devrait s’ouvrir bientôt. L’abbé Régis de Cacqueray et Mgr Bernard Fellay seront-ils inculpés pour non dénonciation de crime ? Il n’est pas impossible que la justice l’envisage.

Voici des articles de presse qui donnent un assez bon aperçu de l’affaire Roisnel :

Mediapart : Pédophilie dans l’Eglise: le livre noir des traditionalistes

Paris Match : les séances d’exorcisme tournent aux viols

Le Parisien : un prêtre intégriste mis en examen pour viol

Dreuz.info : quand un prêtre méga-puritain devient un délinquant sexuel

La Rotative : Enquête sur un prêtre traditionaliste accusé de viol

Certes, dès avant l’intervention du procureur de la république, « la Fraternité Saint-Pie X s’était déjà emparée du dossier en faisant comparaître le prêtre déviant lors d’un procès canonique ». Pas plus qu’à n’importe quelle organisation, on ne peut reprocher à la FSSPX les déviations de ses membres si elle prend les mesures nécessaires pour les prévenir ou les réprimer. Mais justement, quel a été le résultat de ce procès canonique ? Comme le savent les traditionalistes des Yvelines, l’abbé Roisnel a « été mis à l’écart durant deux ans dans un couvent » [les capucins de Morgon]. On reste interloqué devant la clémence de cette peine et, quand on la rapproche de la promotion de l’abbé D. pour des faits de fornication, on se dit que, dans la FSSPX, on ne risque pas grand-chose à avoir un comportement sexuel déviant. Et même quand un clerc FSSPX est réduit à l’état laïc pour relations intimes avec une femme adulte, il se trouve l’abbé Niklaus Pfluger, premier assistant de Mgr Fellay, pour dire en substance : « Cette réduction à l’état laïc est assez sévère. C’était la première incartade sexuelle de l’intéressé, et c’était avec une femme adulte, pas avec un enfant ni avec un homme ». Bref, on tombe des nues… La FSSPX a-t-elle une politique cohérente dans le domaine des écarts sexuels ?

Par ailleurs, ces mises à l’écart sont une pratique courante dans le clergé (sur ce point, la FSSPX ne fait ni mieux ni pire que les évêchés), qui éloigne les auteurs pour un certain temps. Malheureusement, comme les diocèses et congrégations, la FSSPX place ensuite souvent ces clercs déviants dans de nouveaux lieux, sans avertir le nouveau supérieur local des antécédents. Cela constitue ainsi une « invitation » à la récidive. Aveuglement volontaire ou simple « stupidité » ? Le résultat est de toute façon grave, et encore plus quand il s’agit de prêtres pédophiles.