Droit canon et pharisaïsme: le double jeu de l’abbé Pivert

Dans notre beau pays de France, l’abbé François Pivert est une des grandes figures de « la Résistance » puisqu’il a rejoint au printemps 2014 l’Union sacerdotale Marcel Lefebvre en quittant la Fraternité Saint-Pie X. Son comportement montre que personne n’a le monopole de l’étouffement des affaires gênantes et du « balayage sous le tapis ».

Issu d’une lignée de juristes, François Pivert a fait des études universitaires de droit avant d’entrer dans les ordres à Écône. C’est ainsi que, une fois prêtre, il a occupé de nombreuses fonctions « canoniques » au sein de la FSSPX: fondateur du « bureau des affaires canoniques » pour cette fraternité en France, il a aussi été membre de la « commission Saint-Charles Borromée ». Il a agi à plusieurs reprises comme promoteur de justice, comme avocat et comme juge lors de procès « canoniques » internes à la FSSPX. En d’autres termes, c’est un canoniste chevronné, au moins d’après les normes traditionalistes.

Mais il ne faudrait pas confondre personnage participant au fonctionnement de la « machine justice » et personnage épris de justice. Ainsi, l’abbé Pivert ne voit aucune objection à ce que « la Résistance » collabore régulièrement avec l’abbé P. (mention censurée par la FSSPX), dont le passé trouble en matière de prédation sexuelle est plus que sujet à caution. Interrogé à ce sujet, il perd l’air affable et le sang-froid qu’il aime à se donner en image et il se ferme totalement: aucune discussion n’est possible, il se crispe et coupe court à la conversation d’une façon totalement grossière. Tiens donc, y aurait-il des choses à cacher?

L’explication n’est guère compliquée: ayant participé en tant que canoniste au procès de l’abbé P. (mention censurée par la FSSPX) pour pédophilie au sein de la FSSPX (procès ordonné par la Congrégation pour la Doctrine de la Foi suite à une plainte de victime et bâclé par Mgr Fellay), l’abbé Pivert connaît de première main l’épais dossier à charge de son confrère. Il a été aux premières loges pour voir la série impressionnante de plaintes et d’accusations qui se sont élevées en tous lieux au fil des ans contre l’abbé P. (mention censurée par la FSSPX); il a pu voir les aveux écrits de ce dernier. C’est sans doute justement cela qui le pousse à ne rien vouloir entendre. Du coup, on balaie cette affaire sous le tapis, et on envoie balader comme des importuns les gens qui s’intéressent de trop près à la collaboration de « la Résistance » avec un prêtre sulfureux*.

Merci à l’abbé Pivert de montrer ainsi son vrai visage. D’un côté on publie articles et livres sur les procès bâclés intentés par Mgr Fellay aux prêtres de « la Résistance », de l’autre on organise un black out total au sujet du procès bâclé intenté par le même Mgr Fellay (sur mandat vatican, on hallucine !) à un prêtre qui a avoué des faits de pédophilie et on engage « la Résistance » dans une collaboration avec un pareil individu. Un tel « deux poids, deux mesures » de la part de l’abbé Pivert est un bel aveu. Comme quoi le droit canon sert plus souvent aux clercs pharisiens pour protéger leur « boîte », leur « business » que pour servir la justice (la vertu de justice). L’hypocrisie et le mépris des victimes ont la vie dure. Reste à l’abbé Pivert à méditer un peu sur les sépulcres blanchis dont parlait le Christ.


* Nos « amis » de la « Résistance » seraient d’ailleurs bien inspirés de ne pas s’allier avec des girouettes comme P. (mention censurée par la FSSPX), qui a contacté en 2014 un ancien confrère passé à la Fraternité Saint-Pierre afin de rejoindre Ecclesia Dei, voire se faire incardiner.