Deutschlandfunk: Tag für Tag, 28 avril 2016

Une journaliste de la radio publique allemande était présente aux journées annuelles de l’Avref les 16 et 17 avril derniers à Paris. Il y a entre autres été question de dérives sectaires et d’abus sexuels dans la Fraternité Saint-Pie X.

Bettina Kaps nous livre une analyse sobre et factuelle du phénomène de la pédophilie dans l’Eglise de France et la FSSPX (en allemand) : http://podcast-mp3.dradio.de/podcast/2016/04/28/dlf_20160428_0949_97f85c72.mp3

Le scandale pédophile a commencé il y a quelques mois dans le diocèse de Lyon avant de déborder dans toute l’Eglise de France ; il dépasse désormais nos frontières et s’invite à la radio allemande. La miséricorde du pape François envers la FSSPX pourrait s’en trouver contrariée.

Mise à jour du 30 mai 2016 : une traduction française est disponible sur le site du collectif « L’envers du décor », que nous remercions.

Abbé Q., témoignage

Notre blog a reçu le témoignage suivant au sujet de feu l’abbé Q. (mention censurée par la FSSPX). Nous l’avons soigneusement vérifié, comme à notre habitude, et de multiples indices attestent de sa véracité. Par ailleurs, ceux qui connaissaient la plume – dans les deux sens du terme – de ce prêtre la reconnaîtront immanquablement.
À la lecture de ces lignes, que celui qui a des yeux pour voir… ouvre son coeur. Derrière les statistiques et les articles de journaux, voilà la réalité du vécu d’une victime d’abus sexuel. Quand on voit la clémence des peines prononcées par certains juges, on se demande parfois si les magistrats comprennent bien de quoi il s’agit.


J’étais interne à Saint Joseph des Carmes dans les années 1980. Je dois admettre que j’y étais bien, car, contrairement à nombre de mes camarades, je m’y sentais mieux que chez mes parents. Ma foi était profonde et sincère et je pensais même être appelé par une vocation sacerdotale. Je servais la messe avec application et pratiquais la religion avec ferveur. Je suivais les cours avec assiduité et montrais de bons résultats, récompensés par de nombreux prix chaque fin d’année. A plusieurs reprises, je fus avec des prêtres ou frères de l’école en différents lieux de la tradition, les ordinations à Écône au mois de juin en étant le plus emblématique. Je fus confirmé par Mgr Lefebvre en personne.

Un prêtre présent dans cette école à cette époque a dit à un membre de ma famille, récemment, soit près de 30 ans après, que j’étais un élève « hors du commun ».

Je m’étonnais toutefois de la grande liberté dont nous jouissions alors (je ne sais ce qu’il en est en 2016). Par exemple, avec quelques camarades, nous pouvions aller passer nos samedis après-midi au bord du Canal du Midi, à quelques kilomètres de là, où nous allions seuls, à pied, à l’âge de 12 ans… la condition était que le fruit de notre pêche fût réservé aux directeurs de l’école… de même, l’enceinte de l’école ne comportait aucune barrière, de telle sorte que nous étions libres de nos mouvements dans toute la campagne environnante. Ce n’est pas le sujet du présent témoignage, mais il y participe en plantant le décor : une relative nonchalance dans l’idée que les directeurs se faisaient de leurs responsabilités. Je le dis aujourd’hui, étant bien plus âgé qu’ils ne l’étaient alors.

A la rentrée 1987, arrive à l’école un jeune séminariste (nous n’avions que 6 ans d’écart). Allure aristocratique, gestes raffinés, écriture d’un classicisme exquis, vêtements presque théâtraux (barrette, camail, chaussures à boucles, etc.), et un goût poussé à l’extrême pour la perfection de la liturgie. J’ignorais alors pourquoi il avait décidé de faire une pause dans ses études, je le saurai plus tard et c’est sans importance : il s’interrogeait alors sur le paradoxe de la tradition « hors de l’Eglise point de salut », en étant hors de l’Eglise. Il rejoindra plus tard l’Eglise catholique romaine officielle.

Quiconque l’a connu aura reconnu ici les traits de l’abbé Q. (mention censurée par la FSSPX). « Q. de *** » (mention censurée par la FSSPX), comme il aimait à se faire appeler, inventant une souche aristocratique qui complétait le rôle qu’il se donnait.

J’aimais la liturgie, la littérature classique, ma foi était profonde. Peut-être étais-je alors en quête d’un modèle, me destinant alors moi-même à la prêtrise, dans cette idée très haute que je me faisais de la beauté nécessaire des rites. Nous sommes donc rapidement devenus proches. Nous passions de longues heures à disserter de tout, mais surtout de religion, de liturgie, de littérature. J’y voyais la naissance d’une forte amitié, quelque-chose de romantique.

Rapidement, je constatai que son attitude évoluait vers quelque-chose que je ne comprenais pas. En public, son regard cherchait le mien, ses sourires étaient charmeurs. Puis, très rapidement après son arrivée dans l’école, un jour que j’étais assis sur son lit, dans sa chambre, à ses côtés, il me lécha l’oreille.

J’étais tétanisé. Je ne bougeai plus. Ma foi était profonde. Ma destinée précise. Ma confiance totale. Et voici que tout s’écroulait. Comment n’avais-je pas vu venir ceci ? C’était assurément de ma faute, j’avais été le tentateur. Je n’avais plus d’autre choix que de me taire et me laisser faire. Dans les jours qui suivirent, pendant que mes séjours dans sa chambre devenaient de plus en plus fréquents et longs, on passa de l’oreille au cou, puis au torse. Jusqu’à la douloureuse souillure extrême.

Je ne comprenais plus rien à rien. Quoi faire ? A qui parler ? Aux dirigeants de l’école, qui savaient fort bien mes séjours dans cette chambre, y compris la nuit ? A mon confesseur, mais que lui dire ? A mes camarades, hors de question ! La seule chose que je pus faire est de décider de ne plus communier, « non sum dignus » prenant tout son sens !

Ma foi en fut ébranlée. Non pas ma foi en Dieu, qui reste encore intacte, mais dans cette religion. Comment pourrais-je continuer d’écouter des prêtres qui permettent que l’un des leurs passât la nuit dans sa chambre, qui ne comporte qu’un seul lit simple, en compagnie d’un jeune garçon ? Quel crédit accorder aux enseignants des chambres voisines, que je savais épargnés par la cécité ?

Au fil des mois, mes résultats scolaires s’en ressentirent. Mon appétit s’étiolait. Je pleurais pour un rien, moi qui avais été jusque-là un caractère solide. Ma foi me quittait irrémédiablement, mais je continuais de lutter, me faisant conviction de la faiblesse humaine, qui ne saurait être généralisée. Je ne supportais plus cet homme, sa vue, son odeur, son contact, ses paroles, plus rien. Une haine profonde était née. La seule que j’ai ressentie de toute ma vie.

En fin d’année scolaire, mes résultats furent mauvais. Pour la première fois. Je ne souriais plus, je ne communiais plus, je me confessais mécaniquement sans dire l’essentiel.

30 juin 1988. Les sacres à Ecône. L’abbé Q. (mention censurée par la FSSPX) me proposa de l’y suivre. Je n’eus pas le courage de refuser. Ses agissements envers moi étaient devenus routiniers (une seule fois suffit, les suivantes ne comptent plus). Je savais quel sort me serait réservé durant ce séjour, mais avais la curiosité, voire encore un peu la joie, d’assister à un événement historique pour l’Eglise catholique romaine.

Nous arrivons à Ecône. L’abbé Q. (mention censurée par la FSSPX) y a toujours une chambre. Dans laquelle je suis installé, sans que personne ne s’en émeuve puisqu’au contraire c’était ainsi prévu. Sans doute la forte affluence imposait cela, mais tout de même… Un voisin de chambre, séminariste également, lui lance : « il est mignon, tu me le prêteras ? »

Que dois-je comprendre ? J’ai 16 ans, ils en ont 22. Nous sommes ici au séminaire d’Ecône, navire amiral de la FSSPX, pour célébrer demain matin le sacre de quatre évêques sans l’accord de Rome, prélude d’un schisme historique. Non seulement on installe un enfant dans la chambre d’un adulte, mais en plus on peut demander à en jouir également !

Je passe une nuit blanche.

A la fin de la cérémonie, le 30 juin 1988, l’abbé Q. (mention censurée par la FSSPX) me fait l’honneur de m’inviter à le suivre dans la sacristie, où j’ai le privilège, sans doute envié, d’être parmi les tous premiers à recevoir la bénédiction pontificale des nouveaux évêques. Je suis alors présenté comme un futur prêtre. On me bénit. J’ai envie de hurler ! « Vous prétendez sauver l’Eglise en bénissant un jeune homme qui a du sperme dans le cul, par votre faute à vous tous ! » que mes lecteurs me pardonnent, j’ai jusqu’ici usé de métaphores, il m’apparaît qu’elles n’ont plus leur place.

Mais je restai muet.

C’est ce jour-là que j’ai décidé que tout ceci n’était qu’une vaste fumisterie. Je n’aurai pas le choix, pendant quelques temps encore, que d’aller à la messe et faire semblant, mais je ne communierai plus (non plus parce-que je ne suis pas digne mais parce-que eux ne le sont pas), ne me confesserai plus et n’aurai aucune autre pratique que celle imposée par les apparences.

A la rentrée 1988, je constate que cet abbé Q. (mention censurée par la FSSPX) est toujours dans cette école. Il m’ignore totalement, je n’existe plus pour lui. J’en suis soulagé, mais aussi, voire surtout, encore plus meurtri. Quelle lâcheté ! Que ne pouvait-il me prendre à part, me donner une explication, demander pardon, que sais-je ? Rien, je n’existe plus.

Au bout de quelques semaines, je décide de fuir ce lieu. Je m’ouvre enfin à mes parents de ce que j’avais enduré. Ils ne me croient pas « les tradis sont des gens parfaits », me battent copieusement comme à leur habitude et m’invitent à quitter la maison.

Ce que je fais. S’en suivent des années d’errements, d’alcoolisme profond, de vie dans la rue par moments… le tout émaillé de nombreuses tentatives de suicide. Je parviens tant bien que mal (plutôt mal), à suivre quelques études et à entamer une vie professionnelle, très en-dessous de ce qu’elle aurait pu être eu égard à mes résultats scolaires dans cette école d’excellence dans laquelle j’avais étudié tant d’années.

Alcoolique, sans religion (mais avec une foi en Dieu jamais ébranlée), je menais une vie décousue. Je constatai rapidement que j’étais incapable de la moindre vie sexuelle avec les filles que je pouvais séduire. Je décidais donc de ne plus rien entamer, afin non pas seulement de ne pas décevoir, mais surtout pour ne pas affronter mes propres échecs. Le sexe était définitivement quelque-chose de sale et violent et on ne pouvait pas faire cela avec une personne que l’on respecte, encore moins que l’on aime.

Ce que j’avais subi continuait de me hanter. En permanence. Non pas seulement les faits, mais leur contexte. Le fait, que je tiens pour acquis, que nul ne pouvait ignorer ou, à tout le moins, ne pas s’interroger. Que mes parents m’aient renié en cette circonstance. Que la Justice se montrerait suspicieuse. Quelle preuve avais-je de ce que j’affirmerais ?

Les années passent. Je trouve enfin une voie professionnelle qui me convient, je me suis arraché à mes addictions, je me sens un peu plus serein. Mais mes cauchemars nocturnes ne s’enfuient pas. Je fuis les filles alors qu’elles m’attirent. Elles pensent donc que je suis de l’autre bord. Quel paradoxe, quelle humiliation !

Je décide d’agir. Je trouve la trace de l’abbé Q. (mention censurée par la FSSPX), il est à Rome à l’institut du Christ Roi. Il a entretemps été ordonné prêtre. Je lui envoie un courrier fort sympathique, lui donnant de mes nouvelles que j’embellis, et indiquant qu’il me serait agréable d’avoir des siennes. Il me répond rapidement et avec joie, non sans m’interroger : « êtes-vous toujours l’ami de Jésus ? »

Je lui réponds alors que j’ai perdu la foi en l’Eglise catholique. Sa réponse ne tarde pas (voir illustrations), en voici les extraits que j’attendais :

« Je craignais, vous l’avouerais-je, que vous eussiez conservé de moi un souvenir un peu noir, et je me faisais quelque scrupule de la conduite que je vous témoignai par le passé : conduite que je vous prie de croire avoir été plus énigmatique et torturée que malicieuse

[…]

Il n’est qu’une chose qui m’inquiète profondément, à savoir la part que j’ai pu avoir dans votre éloignement de la foi. S’il s’avère que je sois grandement coupable je ne pourrais me le pardonner. Ayez pitié cependant de la faiblesse humaine, du drame secret et riche d’un chacun, et ne veuillez confondre les hommes avec l’idée supérieure qu’ils représentent. Je vous le demande… »

Car tout ceci n’était bien sûr qu’une manœuvre. Je voulais des aveux, je les avais. Quelle autre interprétation donner à ces mots, que celle que je leur attribue ?

Je ne lui répondis plus, le laissant à sa douloureuse question.

Mais je ne parvins toujours pas à porter plainte, la honte, le sentiment de culpabilité, l’envie de tourner la page et poursuivre ma misérable vie l’emportant toujours devant la porte de la police…

Quelques années passent encore. Je rencontre un jour une femme. Je comprends immédiatement qu’elle sera celle qui me révélera. Cette fois-ci, je ne la repousse pas, mais je lui dis tout, dès le départ, afin qu’elle puisse décider que tout ceci serait trop lourd à affronter. Ce dont elle ne pouvait rien savoir du reste et c’est pourquoi les témoignages tels que le mien, pour douloureux qu’est l’exercice, sont une nécessité. Nous devons tous savoir, parents, enfants, proches, épouses, qu’un être humain touché dans sa chair dans son enfance est irrémédiablement détruit et que vivre avec lui sera difficile.

Nous nous sommes mariés au bout de près de deux ans sans avoir eu de relations intimes, cela n’étant pas dicté par notre idée de la morale. Puis, à l’issue de près d’une année d’abstinence après notre mariage, mon épouse m’a fort légitimement enjoint de me faire soigner. Pour la première fois depuis près de 20 ans, je poussai enfin la porte d’un spécialiste. Qui me fit du bien. Il sut me convaincre d’aller porter plainte, le délai de prescription de 20 ans approchant à grands pas et le courrier que je détiens, à l’écriture inimitable, étant sans équivoque et de nature à pouvoir recueillir des aveux rapides.

C’est alors que je découvris que l’abbé Q. (mention censurée par la FSSPX) était mort. Ce fut une libération ! Depuis que le prédateur est hors d’état de nuire, mes problèmes physiques sont résolus.

Mes problèmes moraux ne le seront jamais.

Où en suis-je près de 30 ans plus tard ?

– J’ai perdu la foi dans le catholicisme (mais sans haine aucune).

– Je suis irrémédiablement abîmé, affectivement immature et psychologiquement instable.

– Je ne suis plus dépendant, mais bois plus que de raison assez souvent.

– Ma prometteuse scolarité a été cassée, mes études en ayant été compromises. Ma situation professionnelle (donc matérielle), n’est pas ce qu’elle aurait dû être.

– Aurais-je été un bon prêtre, si toutefois j’avais poursuivi sur cette voie ? Je l’ignore, mais en tous cas cela en fait un de moins.

– Je n’ai plus aucune relation avec mes parents.

– Ma relation avec mon épouse n’est pas ce qu’elle serait si je n’avais été cassé.

– Ma crainte de ce qui pourrait arriver à mes enfants vire à la paranoïa.

Pourquoi ce témoignage ?

Je n’ai aucune haine envers la tradition catholique. Je suis reconnaissant d’avoir reçu en vos écoles un enseignement de haute qualité, qui m’a structuré l’esprit. Je témoigne pour que vous, parents, soyez à l’écoute de vos enfants, voire les interrogiez.

Pour que l’on sache quelles conséquences peuvent avoir, à vie, quelques instants de plaisir charnel volés à un innocent.

« Plus jamais ça ! » n’existe pas. Le seul souhait que je formule, est que ceci ne soit plus impuni. Que les trop jeunes prêtres auxquels sont confiés vos enfants ne soient plus aussi naïfs qu’ils ont pu l’être et, je l’espère, surtout pas consentants, donc complices.

Pour que d’autres victimes, de l’individu ici cité ou d’autres, s’expriment à leur tour, afin de clouer le bec à ceux qui nous accusent de vouloir salir la tradition sous on ne sait quel prétexte. Je note du reste que les animateurs du présent site semblent ne pas avoir perdu la foi comme moi, ce qui crédibilise donc leur propos quand le mien peut être taxé d’anticléricalisme facile à implorer pour tuer dans l’œuf le cri d’alarme ici formulé.

Pour que les dirigeants de la FSSPX prennent leurs responsabilités et initient des actions de formation spécifique et punissent les coupables. Pour qu’on ne se taise plus ! Si ces individus semblent faire fi de la crainte de Dieu qu’ils nous enseignent, qu’ils craignent au moins ceux de leurs futures victimes qui ne se tairont plus !

Philippe Vitry (nom d’emprunt)

 

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À notre meilleure connaissance, la Fraternité Saint-Pie X n’a pas averti l’Institut du Christ-Roi des tendances éphébophiles de l’abbé Q. [voir signature, son nom est censuré par la FSSPX] quand ce dernier a quitté la FSSPX pour entrer à Gricigliano. Et, toujours à notre meilleure connaissance, l’Institut du Christ-Roi n’a pas davantage informé l’archidiocèse de Vaduz des faits de moeurs pour lesquelles il avait renvoyé l’abbé Q. [voir signature, son nom est censuré par la FSSPX] Bref, dans le monde traditionaliste, le silence semble la règle et c’est à qui glissera le mieux les affaires compromettantes sous le tapis. Quelle différence avec les diocèses ?…

L’Affaire Gérentet de Saluneaux et la responsabilité des évêques

Le « père » Guy Gérentet de Saluneaux a été condamné le 12 février 2016 à Lyon pour violences sexuelles sur 8 jeunes filles, entre 1989 et 2000. A cela s’ajoutent d’autres plaintes crédibles qui ont été classées pour prescription.

Le Monde du 1er avril 2016 fournit une couverture partielle mais correcte des allées et venues de cet ancien prêtre traditionaliste, réduit à l’état laïc en 2012 (sous Benoît XVI) : http://www.lemonde.fr/police-justice/article/2016/04/01/un-ex-pretre-du-diocese-de-lyon-condamne-recemment-et-discretement-pour-pedophilie_4893999_1653578.html

Encore une affaire qui éclabousse le diocèse de Lyon et le cardinal Barbarin. Et aussi au passage les scouts Saint-Louis et l’école de la Péraudière (école amie FSSPX) où il a été autrefois professeur. En effet, cette condamnation était passée relativement inaperçue et c’est l’association La Parole Libérée qui a fait éclater le scandale.

Cet ancien prêtre, qualifié par Mgr Barbarin de « véritable pervers », vit apparemment dans une réalité parallèle. Il continue en effet à porter la soutane et conçoit à peine la gravité de ses actes. A des journalistes, avec qui il s’est longuement entretenu, il a fait des confidences glaçantes; il a fait des « bêtises » « furtives » avec des petites filles « timides » parce qu’il ne voyait pas les enfants grandir. Si on comprend bien, Guy Gérentet de Saluneaux s’excuse donc de s’en être pris à des filles trop âgées…

Se pose une nouvelle fois la question de la responsabilité des supérieurs, vu que le diocèse de Lyon a été averti à deux reprises au sujet de Guy Gérentet. Et en matière de mutations discrètes, protections et autres « Dieu merci c’est prescrit », le primat des Gaules a malheureusement de la concurrence mitrée dans les sphères traditionalistes, et pas qu’à la FSSPX. Mgr Williamson n’a rien voulu entendre sur les agressions sexuelles du séminariste Carlos Urrutigoity et l’a admis au séminaire de Winona en envoyant promener le directeur du séminaire de la Reja qui avait fait le voyage depuis l’Argentine pour barrer la route à ce dangereux prédateur. La suite, on la connaît. On pourrait aussi reprocher à Mgr Lefebvre d’avoir été au minimum naïf en laissant ce séminariste coupable d’agression homosexuelle accéder à la prêtrise. Quant à Mgr Faure, s’il devait s’avérer que l’abbé Abraham a récidivé sur de jeunes garçons, il devra en répondre vu qu’il est parfaitement informé de plusieurs faits en la matière. On attend aussi toujours qu’il nous dise publiquement ce qu’il pense des antécédants de l’abbé P. (mention censurée par la FSSPX).

 

Le changement enfin ?

Le débat est même lancé sur le Forum Catholique. Le message d’Aigle ci-dessus pose la question de la responsabilité des chefs, en l’occurrence Mgr Barbarin dans l’affaire Gérentet de Saluneaux, avec la bénédiction de Xavier Arnaud (XA), modérateur du forum. On ne peut que se réjouir de ce printemps sur le Forum Catholique. Nous nous permettrons cependant de faire remarquer à Aigle que si une miséricorde déplacée pourrait peut-être expliquer la passivité et les compromissions dans l’Eglise « conciliaire » en matière de pédophilie, c’est bien le « sot corporatisme » qui provoque et entretient ce phénomène dans les différentes sociétés traditionalistes. Et c’est ce même corporatisme qui empêche toujours que l’on pose les mêmes questions concernant Mgr Fellay sur le Forum Catholique.