Abbé Q., témoignage

Notre blog a reçu le témoignage suivant au sujet de feu l’abbé Q. (mention censurée par la FSSPX). Nous l’avons soigneusement vérifié, comme à notre habitude, et de multiples indices attestent de sa véracité. Par ailleurs, ceux qui connaissaient la plume – dans les deux sens du terme – de ce prêtre la reconnaîtront immanquablement.
À la lecture de ces lignes, que celui qui a des yeux pour voir… ouvre son coeur. Derrière les statistiques et les articles de journaux, voilà la réalité du vécu d’une victime d’abus sexuel. Quand on voit la clémence des peines prononcées par certains juges, on se demande parfois si les magistrats comprennent bien de quoi il s’agit.


J’étais interne à Saint Joseph des Carmes dans les années 1980. Je dois admettre que j’y étais bien, car, contrairement à nombre de mes camarades, je m’y sentais mieux que chez mes parents. Ma foi était profonde et sincère et je pensais même être appelé par une vocation sacerdotale. Je servais la messe avec application et pratiquais la religion avec ferveur. Je suivais les cours avec assiduité et montrais de bons résultats, récompensés par de nombreux prix chaque fin d’année. A plusieurs reprises, je fus avec des prêtres ou frères de l’école en différents lieux de la tradition, les ordinations à Écône au mois de juin en étant le plus emblématique. Je fus confirmé par Mgr Lefebvre en personne.

Un prêtre présent dans cette école à cette époque a dit à un membre de ma famille, récemment, soit près de 30 ans après, que j’étais un élève « hors du commun ».

Je m’étonnais toutefois de la grande liberté dont nous jouissions alors (je ne sais ce qu’il en est en 2016). Par exemple, avec quelques camarades, nous pouvions aller passer nos samedis après-midi au bord du Canal du Midi, à quelques kilomètres de là, où nous allions seuls, à pied, à l’âge de 12 ans… la condition était que le fruit de notre pêche fût réservé aux directeurs de l’école… de même, l’enceinte de l’école ne comportait aucune barrière, de telle sorte que nous étions libres de nos mouvements dans toute la campagne environnante. Ce n’est pas le sujet du présent témoignage, mais il y participe en plantant le décor : une relative nonchalance dans l’idée que les directeurs se faisaient de leurs responsabilités. Je le dis aujourd’hui, étant bien plus âgé qu’ils ne l’étaient alors.

A la rentrée 1987, arrive à l’école un jeune séminariste (nous n’avions que 6 ans d’écart). Allure aristocratique, gestes raffinés, écriture d’un classicisme exquis, vêtements presque théâtraux (barrette, camail, chaussures à boucles, etc.), et un goût poussé à l’extrême pour la perfection de la liturgie. J’ignorais alors pourquoi il avait décidé de faire une pause dans ses études, je le saurai plus tard et c’est sans importance : il s’interrogeait alors sur le paradoxe de la tradition « hors de l’Eglise point de salut », en étant hors de l’Eglise. Il rejoindra plus tard l’Eglise catholique romaine officielle.

Quiconque l’a connu aura reconnu ici les traits de l’abbé Q. (mention censurée par la FSSPX). « Q. de *** » (mention censurée par la FSSPX), comme il aimait à se faire appeler, inventant une souche aristocratique qui complétait le rôle qu’il se donnait.

J’aimais la liturgie, la littérature classique, ma foi était profonde. Peut-être étais-je alors en quête d’un modèle, me destinant alors moi-même à la prêtrise, dans cette idée très haute que je me faisais de la beauté nécessaire des rites. Nous sommes donc rapidement devenus proches. Nous passions de longues heures à disserter de tout, mais surtout de religion, de liturgie, de littérature. J’y voyais la naissance d’une forte amitié, quelque-chose de romantique.

Rapidement, je constatai que son attitude évoluait vers quelque-chose que je ne comprenais pas. En public, son regard cherchait le mien, ses sourires étaient charmeurs. Puis, très rapidement après son arrivée dans l’école, un jour que j’étais assis sur son lit, dans sa chambre, à ses côtés, il me lécha l’oreille.

J’étais tétanisé. Je ne bougeai plus. Ma foi était profonde. Ma destinée précise. Ma confiance totale. Et voici que tout s’écroulait. Comment n’avais-je pas vu venir ceci ? C’était assurément de ma faute, j’avais été le tentateur. Je n’avais plus d’autre choix que de me taire et me laisser faire. Dans les jours qui suivirent, pendant que mes séjours dans sa chambre devenaient de plus en plus fréquents et longs, on passa de l’oreille au cou, puis au torse. Jusqu’à la douloureuse souillure extrême.

Je ne comprenais plus rien à rien. Quoi faire ? A qui parler ? Aux dirigeants de l’école, qui savaient fort bien mes séjours dans cette chambre, y compris la nuit ? A mon confesseur, mais que lui dire ? A mes camarades, hors de question ! La seule chose que je pus faire est de décider de ne plus communier, « non sum dignus » prenant tout son sens !

Ma foi en fut ébranlée. Non pas ma foi en Dieu, qui reste encore intacte, mais dans cette religion. Comment pourrais-je continuer d’écouter des prêtres qui permettent que l’un des leurs passât la nuit dans sa chambre, qui ne comporte qu’un seul lit simple, en compagnie d’un jeune garçon ? Quel crédit accorder aux enseignants des chambres voisines, que je savais épargnés par la cécité ?

Au fil des mois, mes résultats scolaires s’en ressentirent. Mon appétit s’étiolait. Je pleurais pour un rien, moi qui avais été jusque-là un caractère solide. Ma foi me quittait irrémédiablement, mais je continuais de lutter, me faisant conviction de la faiblesse humaine, qui ne saurait être généralisée. Je ne supportais plus cet homme, sa vue, son odeur, son contact, ses paroles, plus rien. Une haine profonde était née. La seule que j’ai ressentie de toute ma vie.

En fin d’année scolaire, mes résultats furent mauvais. Pour la première fois. Je ne souriais plus, je ne communiais plus, je me confessais mécaniquement sans dire l’essentiel.

30 juin 1988. Les sacres à Ecône. L’abbé Q. (mention censurée par la FSSPX) me proposa de l’y suivre. Je n’eus pas le courage de refuser. Ses agissements envers moi étaient devenus routiniers (une seule fois suffit, les suivantes ne comptent plus). Je savais quel sort me serait réservé durant ce séjour, mais avais la curiosité, voire encore un peu la joie, d’assister à un événement historique pour l’Eglise catholique romaine.

Nous arrivons à Ecône. L’abbé Q. (mention censurée par la FSSPX) y a toujours une chambre. Dans laquelle je suis installé, sans que personne ne s’en émeuve puisqu’au contraire c’était ainsi prévu. Sans doute la forte affluence imposait cela, mais tout de même… Un voisin de chambre, séminariste également, lui lance : « il est mignon, tu me le prêteras ? »

Que dois-je comprendre ? J’ai 16 ans, ils en ont 22. Nous sommes ici au séminaire d’Ecône, navire amiral de la FSSPX, pour célébrer demain matin le sacre de quatre évêques sans l’accord de Rome, prélude d’un schisme historique. Non seulement on installe un enfant dans la chambre d’un adulte, mais en plus on peut demander à en jouir également !

Je passe une nuit blanche.

A la fin de la cérémonie, le 30 juin 1988, l’abbé Q. (mention censurée par la FSSPX) me fait l’honneur de m’inviter à le suivre dans la sacristie, où j’ai le privilège, sans doute envié, d’être parmi les tous premiers à recevoir la bénédiction pontificale des nouveaux évêques. Je suis alors présenté comme un futur prêtre. On me bénit. J’ai envie de hurler ! « Vous prétendez sauver l’Eglise en bénissant un jeune homme qui a du sperme dans le cul, par votre faute à vous tous ! » que mes lecteurs me pardonnent, j’ai jusqu’ici usé de métaphores, il m’apparaît qu’elles n’ont plus leur place.

Mais je restai muet.

C’est ce jour-là que j’ai décidé que tout ceci n’était qu’une vaste fumisterie. Je n’aurai pas le choix, pendant quelques temps encore, que d’aller à la messe et faire semblant, mais je ne communierai plus (non plus parce-que je ne suis pas digne mais parce-que eux ne le sont pas), ne me confesserai plus et n’aurai aucune autre pratique que celle imposée par les apparences.

A la rentrée 1988, je constate que cet abbé Q. (mention censurée par la FSSPX) est toujours dans cette école. Il m’ignore totalement, je n’existe plus pour lui. J’en suis soulagé, mais aussi, voire surtout, encore plus meurtri. Quelle lâcheté ! Que ne pouvait-il me prendre à part, me donner une explication, demander pardon, que sais-je ? Rien, je n’existe plus.

Au bout de quelques semaines, je décide de fuir ce lieu. Je m’ouvre enfin à mes parents de ce que j’avais enduré. Ils ne me croient pas « les tradis sont des gens parfaits », me battent copieusement comme à leur habitude et m’invitent à quitter la maison.

Ce que je fais. S’en suivent des années d’errements, d’alcoolisme profond, de vie dans la rue par moments… le tout émaillé de nombreuses tentatives de suicide. Je parviens tant bien que mal (plutôt mal), à suivre quelques études et à entamer une vie professionnelle, très en-dessous de ce qu’elle aurait pu être eu égard à mes résultats scolaires dans cette école d’excellence dans laquelle j’avais étudié tant d’années.

Alcoolique, sans religion (mais avec une foi en Dieu jamais ébranlée), je menais une vie décousue. Je constatai rapidement que j’étais incapable de la moindre vie sexuelle avec les filles que je pouvais séduire. Je décidais donc de ne plus rien entamer, afin non pas seulement de ne pas décevoir, mais surtout pour ne pas affronter mes propres échecs. Le sexe était définitivement quelque-chose de sale et violent et on ne pouvait pas faire cela avec une personne que l’on respecte, encore moins que l’on aime.

Ce que j’avais subi continuait de me hanter. En permanence. Non pas seulement les faits, mais leur contexte. Le fait, que je tiens pour acquis, que nul ne pouvait ignorer ou, à tout le moins, ne pas s’interroger. Que mes parents m’aient renié en cette circonstance. Que la Justice se montrerait suspicieuse. Quelle preuve avais-je de ce que j’affirmerais ?

Les années passent. Je trouve enfin une voie professionnelle qui me convient, je me suis arraché à mes addictions, je me sens un peu plus serein. Mais mes cauchemars nocturnes ne s’enfuient pas. Je fuis les filles alors qu’elles m’attirent. Elles pensent donc que je suis de l’autre bord. Quel paradoxe, quelle humiliation !

Je décide d’agir. Je trouve la trace de l’abbé Q. (mention censurée par la FSSPX), il est à Rome à l’institut du Christ Roi. Il a entretemps été ordonné prêtre. Je lui envoie un courrier fort sympathique, lui donnant de mes nouvelles que j’embellis, et indiquant qu’il me serait agréable d’avoir des siennes. Il me répond rapidement et avec joie, non sans m’interroger : « êtes-vous toujours l’ami de Jésus ? »

Je lui réponds alors que j’ai perdu la foi en l’Eglise catholique. Sa réponse ne tarde pas (voir illustrations), en voici les extraits que j’attendais :

« Je craignais, vous l’avouerais-je, que vous eussiez conservé de moi un souvenir un peu noir, et je me faisais quelque scrupule de la conduite que je vous témoignai par le passé : conduite que je vous prie de croire avoir été plus énigmatique et torturée que malicieuse

[…]

Il n’est qu’une chose qui m’inquiète profondément, à savoir la part que j’ai pu avoir dans votre éloignement de la foi. S’il s’avère que je sois grandement coupable je ne pourrais me le pardonner. Ayez pitié cependant de la faiblesse humaine, du drame secret et riche d’un chacun, et ne veuillez confondre les hommes avec l’idée supérieure qu’ils représentent. Je vous le demande… »

Car tout ceci n’était bien sûr qu’une manœuvre. Je voulais des aveux, je les avais. Quelle autre interprétation donner à ces mots, que celle que je leur attribue ?

Je ne lui répondis plus, le laissant à sa douloureuse question.

Mais je ne parvins toujours pas à porter plainte, la honte, le sentiment de culpabilité, l’envie de tourner la page et poursuivre ma misérable vie l’emportant toujours devant la porte de la police…

Quelques années passent encore. Je rencontre un jour une femme. Je comprends immédiatement qu’elle sera celle qui me révélera. Cette fois-ci, je ne la repousse pas, mais je lui dis tout, dès le départ, afin qu’elle puisse décider que tout ceci serait trop lourd à affronter. Ce dont elle ne pouvait rien savoir du reste et c’est pourquoi les témoignages tels que le mien, pour douloureux qu’est l’exercice, sont une nécessité. Nous devons tous savoir, parents, enfants, proches, épouses, qu’un être humain touché dans sa chair dans son enfance est irrémédiablement détruit et que vivre avec lui sera difficile.

Nous nous sommes mariés au bout de près de deux ans sans avoir eu de relations intimes, cela n’étant pas dicté par notre idée de la morale. Puis, à l’issue de près d’une année d’abstinence après notre mariage, mon épouse m’a fort légitimement enjoint de me faire soigner. Pour la première fois depuis près de 20 ans, je poussai enfin la porte d’un spécialiste. Qui me fit du bien. Il sut me convaincre d’aller porter plainte, le délai de prescription de 20 ans approchant à grands pas et le courrier que je détiens, à l’écriture inimitable, étant sans équivoque et de nature à pouvoir recueillir des aveux rapides.

C’est alors que je découvris que l’abbé Q. (mention censurée par la FSSPX) était mort. Ce fut une libération ! Depuis que le prédateur est hors d’état de nuire, mes problèmes physiques sont résolus.

Mes problèmes moraux ne le seront jamais.

Où en suis-je près de 30 ans plus tard ?

– J’ai perdu la foi dans le catholicisme (mais sans haine aucune).

– Je suis irrémédiablement abîmé, affectivement immature et psychologiquement instable.

– Je ne suis plus dépendant, mais bois plus que de raison assez souvent.

– Ma prometteuse scolarité a été cassée, mes études en ayant été compromises. Ma situation professionnelle (donc matérielle), n’est pas ce qu’elle aurait dû être.

– Aurais-je été un bon prêtre, si toutefois j’avais poursuivi sur cette voie ? Je l’ignore, mais en tous cas cela en fait un de moins.

– Je n’ai plus aucune relation avec mes parents.

– Ma relation avec mon épouse n’est pas ce qu’elle serait si je n’avais été cassé.

– Ma crainte de ce qui pourrait arriver à mes enfants vire à la paranoïa.

Pourquoi ce témoignage ?

Je n’ai aucune haine envers la tradition catholique. Je suis reconnaissant d’avoir reçu en vos écoles un enseignement de haute qualité, qui m’a structuré l’esprit. Je témoigne pour que vous, parents, soyez à l’écoute de vos enfants, voire les interrogiez.

Pour que l’on sache quelles conséquences peuvent avoir, à vie, quelques instants de plaisir charnel volés à un innocent.

« Plus jamais ça ! » n’existe pas. Le seul souhait que je formule, est que ceci ne soit plus impuni. Que les trop jeunes prêtres auxquels sont confiés vos enfants ne soient plus aussi naïfs qu’ils ont pu l’être et, je l’espère, surtout pas consentants, donc complices.

Pour que d’autres victimes, de l’individu ici cité ou d’autres, s’expriment à leur tour, afin de clouer le bec à ceux qui nous accusent de vouloir salir la tradition sous on ne sait quel prétexte. Je note du reste que les animateurs du présent site semblent ne pas avoir perdu la foi comme moi, ce qui crédibilise donc leur propos quand le mien peut être taxé d’anticléricalisme facile à implorer pour tuer dans l’œuf le cri d’alarme ici formulé.

Pour que les dirigeants de la FSSPX prennent leurs responsabilités et initient des actions de formation spécifique et punissent les coupables. Pour qu’on ne se taise plus ! Si ces individus semblent faire fi de la crainte de Dieu qu’ils nous enseignent, qu’ils craignent au moins ceux de leurs futures victimes qui ne se tairont plus !

Philippe Vitry (nom d’emprunt)

 

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[…]

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À notre meilleure connaissance, la Fraternité Saint-Pie X n’a pas averti l’Institut du Christ-Roi des tendances éphébophiles de l’abbé Q. [voir signature, son nom est censuré par la FSSPX] quand ce dernier a quitté la FSSPX pour entrer à Gricigliano. Et, toujours à notre meilleure connaissance, l’Institut du Christ-Roi n’a pas davantage informé l’archidiocèse de Vaduz des faits de moeurs pour lesquelles il avait renvoyé l’abbé Q. [voir signature, son nom est censuré par la FSSPX] Bref, dans le monde traditionaliste, le silence semble la règle et c’est à qui glissera le mieux les affaires compromettantes sous le tapis. Quelle différence avec les diocèses ?…

15 réflexions au sujet de « Abbé Q., témoignage »

  1. Madame, Monsieur
    Bien que j’aurais à redire sur plusieurs aspects de votre action, la lecture de ce témoignage terrible nous bouleverse tous.
    Pensez-vous qu’il serait possible d’entrer en contact avec cette personne ?
    Avec mon religieux dévouement
    Abbé Christian Thouvenot
    Secrétaire général de la Fraternité Saint-Pie X

    1. Monsieur l’abbé,

      Nous sommes flattés de vous compter parmi les lecteurs de notre blog.

      Ce témoignage nous a été envoyé anonymement et nous ignorons si cette personne est disposée à rentrer en contact avec vous. Nous invitons donc M. Philippe Vitry à réagir (ou non) à votre invitation.

      la rédaction

    2. Monsieur l’abbé ,
      Permettez-moi de vous demander de contrôler des dates :
      Le jour des Sacres? Monsieur le défunt abbé , était t’il encore à Ecône ? Sauf erreur plus.
      J’ai aussi d’autres précisions à ajouter dans le sens respect de chacun aussi , car pour moi , dans l’ensemble de ce long plaidoyer , c’ est un tout qui est fort complexe , connaître la vraie vérité ?

      L’on a l’impression d’une déception avec un mélange de revanche , que seul le vécu des concernés peuvent connaître…
      Ceci dans le respect des morts et des vivants!

      1. J’ajoute:
        Points qui demandent à être vraiment abordés avec objectivité:
        Extraits : A la rentrée 1987, arrive à l’école un jeune séminariste (nous n’avions que 6 ans d’écart)….
        J’ai pas vraiment saisi ce très long plaidoyer mais je vais rapidement analyser :
        Nb : Monsieur l’abbé Q serait responsable de tous les mots , il aurait le 30 juin 1988 jour des sacres à Ecône… L’abbé Q. me proposa de l’y suivre. ..
        Nb : Mais il me semble que l’abbé n’était plus à Ecône au moment des sacres ? « il est mignon, tu me le prêteras ? » J’ai 16 ans, ils en ont 22….
        « Vous prétendez sauver l’Eglise en bénissant un jeune homme qui a du ..
        Nb :Visiblement , ça n’est pas très crédible ces détails crus , je connais très bien depuis tout jeune le défunt , je veux bien admettre qu’il y ai eu des sentiments des attitudes déplacées comme l’abbé reconnait dans un courrier …
        Mais à dire qu’il est un prédateur et voir un violeur , et en plus à l’intérieur du séminaire ça dépasse les limites et surtout ce n’est pas véridique voir diffamatoire !

        A la rentrée 1988, je constate que cet abbé Q. est toujours dans cette école. Il m’ignore totalement, je n’existe plus pour lui. J’en suis soulagé, mais aussi, voire surtout, encore plus meurtri. Quelle lâcheté ! Que ne pouvait-il me prendre à part, me donner une explication, demander pardon, que sais-je ? Rien, je n’existe plus….
        Nb: Quelle rentrée ? Certainement pas en automne !
        Qu’est-ce à dire ?L’on a l’impression d’une déception avec un mélange de revanche ?
        Non , y a des choses qui ne collent pas , 29 ans après pour ce monsieur qui est focalisé sur un abbé qui n’était certainement pas un monstre ..
        Pour terminer , extrait d’un message reçu ‘un monsieur très bien , père de famille :
        Une « orientation sexuelle » ne veut absolument pas dire qu’il ait commis ces actes infâmes dont on l’accuse! Qu’il ait eu des affections particulières n’est certainement pas un péché. Comme vous le savez, nous avons été amis, je l’ai beaucoup soutenu, j’ai financé sa thèse, je l’ai souvent aidé dans l’adversité et il a été pour moi comme pour bien d’autres d’un grand secours spirituel…Et je suis marié depuis 45 ans, j’ai des enfants et des petits enfants! c’est tout vous dire!!!

        Nous lui devons tous beaucoup et, sachez-le sommes très attachés à sa mémoire: je ne crois en rien les …. inventées par cet anonyme, un cra… jaloux qui doit vouloir se venger avec l’encouragement de Satan!
        Il est utile d’entendre les différents sons de cloches , mais surtout ne pas minimiser!

        1. Navrés de contredire @Minger mais nous savons très bien ce que nous publions et il est établi que l’abbé Q. était encore à l’école St.-Joseph des carmes à la rentrée 1988-1989. Nous sommes formels.

          Par ailleurs, un de nos lecteurs nous a envoyé le témoignage suivant, qui conforte ce que nous savons: « Ayant quitté l’école de Montréal de l’Aude fin juin 1988, où je me souviens très bien avoir connu l’abbé Q., j’ai continué à correspondre avec lui en lui écrivant à St.-Joseph des carmes après la rentrée de septembre 1988 ».

          @Minger, remarquez aussi que nous n’avons pas qualifié l’abbé Q. de pédophile et n’avons pas classé ce témoignage dans la catégorie pédophilie de ce blog. Parce qu’il est plus juste de parler d’éphébophilie ou encore de pédérastie au sens classique. C’est une attirance très courante chez les homosexuels masculins, étant entendu que tous ne passent pas à l’acte, bien sûr.

          Du reste, quand on se fait sodomiser sans préservatif, on a ensuite du sperme dans l’anus, c’est un fait biologique, que ça se passe à Ecône, Montréal de l’Aude ou ailleurs. On peut très bien comprendre que M. Vitry, qui avait alors 16 ans et n’était pas consentant, évoque cette souillure de façon crue. Cela n’en rend aucunement son témoignage moins crédible.

          la rédaction

        2. Minger (et la personne que vous citez). D’une part, pour quelqu’un qui prétend avoir très bien connu l’abbé en question, vous êtes bien ignorant sur sa biographie. Ce qui décrédibilise d’entrée votre propos.
          Pour la personne que vous citez, que signifie se venger d’une personne décédée depuis 10 ans ? Si cet abbé était vivant, en effet on pourrait m’accuser de chercher à lui nuire, mais quel tort pourrais-je lui causer aujourd’hui ?

          Permettez-moi de rappeler ici les extraits du courrier dont l’écriture, pour qui a côtoyé cet homme, ne saurait être imitée :
          « Je craignais, vous l’avouerais-je, que vous eussiez conservé de moi un souvenir un peu noir, et je me faisais quelque scrupule de la conduite que je vous témoignai par le passé : conduite que je vous prie de croire avoir été plus énigmatique et torturée que malicieuse
          […]
          Il n’est qu’une chose qui m’inquiète profondément, à savoir la part que j’ai pu avoir dans votre éloignement de la foi. S’il s’avère que je sois grandement coupable je ne pourrais me le pardonner. Ayez pitié cependant de la faiblesse humaine, du drame secret et riche d’un chacun, et ne veuillez confondre les hommes avec l’idée supérieure qu’ils représentent. Je vous le demande… »
          Quelle autre signification pourriez-vous donner à ces termes : « conduite énigmatique et torturée », « ayez pitié du drame secret et riche d’un chacun ». Monsieur X, cité par Minger, pensez-vous vraiment que de simples « affections particulières », comme vous dites, seraient de nature à justifier de tels propos de sa part, 10 ans après les faits ? Pensez-vous vraiment que de simples « affections particulières », comme vous dites, seraient de nature à justifier les douloureux pardons que cet homme implorait sur son lit de mort ? Vous qui l’avez bien connu, vous savez, au fond de vous, que je dis vrai. Vous vous en étiez toujours douté au fond de votre être, n’est-ce-pas ? Et il vous est douloureux de l’admettre, aussi pensez-vous plus judicieux de chercher à me discréditer par vos insultes…

          1. A vous lire, il me semblerait bien que vous puissiez rencontrer un évêque, ou un prêtre, pour parler de votre atroce souffrance. Cela permettrait, en tout cas je le souhaite, de retrouver ce qu’on va a voler: la foi. Votre témoignage est bouleversant, émouvant. Quelle souffrance, quelle horreur, quelle profanation de votre innocence. La priorité doit être votre bien personnel, votre personne, votre reconstruction. Aussi, je vais prier pour vous, aussi que vous puissiez déposer ce très lourd fardeau, auprès d’un évêque de confiance, d’un prêtre.

        3. Minger, étant ancien élève « des carmes », comme on dit (de l’école Saint-Joseph des carmes), je me souviens très bien de l’arrivée de l’abbé Q. (censuré par Menzingen). Je me souviens même de conversations avec lui dans l' »allée des pins », alors que Mgr Lefebvre venait d’annoncer qu’il allait sacrer 4 évêques sans l’accord de Jean-Paul II. C’était en mai ou en juin 1988, en tout cas peu de temps avant la fin de l’année scolaire. En septembre, à la rentrée, l’abbé Q. était encore là à l’école de Montréal. Vous vous trompez donc dans votre chronologie. Tâchez de trouver mieux pour discréditer le témoignage de Philippe Vitry. À voir ce qu’il dit de son âge à l’époque, j’ai dû être dans la même classe que lui ou une année au-dessus ou en-dessous et ça fait rétrospectivement froid dans le dos. En tout cas, pour qui a été élève de cette école en ces années-là, il est clair que Philippe Vitry donne de multiples détails qui ne trompent pas.

        4. J’ai été bouleversée par ce témoignage des plus atroces. J’en frémi dans ma chair en pensant à l’enfer que vous avez pu vivre, j’en pleure avec vous. J’ai un fils qui a environ l’âge que vous aviez alors et je ne peux m’empêcher de penser que ça aurait pu être lui …

          Minger … je comprends votre désarroi, votre déni en fait
          Vous estimiez l’abbé quoex et ne pouvez vous résoudre à admettre une telle horreur. Qui le pourrait d’ailleurs !
          Hélas, on idéalise parfois … c’est pareil dans tous les domaines. Qui n’a jamais connu une femme effondrée parce que sont mari la trompait sans qu’elle ne l’ait jamais soupçonné ?
          Mais par pitié, ne rajoutez pas de la douleur à la douleur de cet homme blessé et meurtri.

          Au risque de vous faire du mal, j’ai le regret de vous confirmer l’authenticité de ce témoignage. J’habitais Lausanne quand l’abbé q. Y logeait en luttant contre la maladie puis à sa mort. J’ai en effet été témoin de la vénération que lui portaient certains à limite du fetichisme.
          Et je sais de source certaine que sa mort a été difficile qu’il a redemandé plusieurs fois l’absolution générale; que cette mort certaine l angoissait.
          Je sais aussi qu’au moins une personne de toute confiance a su pour cette affaire via le coupable lui même.

          L’abbé q n’était pas pédophile mais homosexuel. Ce qui explique sans doute son côté « précieux ». Un de ses confrères au moins a découvert sa liaison avec un antiquaire de Lyon par exemple.

          Mon but n’est pas de salir la réputation du défunt mais de vous inviter à prier pour lui. J’espère qu’il a eu un sincère repentir sur son lit de douleur !
          Enfin ne faites pas davantage souffrir cet homme dont la vie est brisée

    3. Je peux vous mettre en relation avec une personne fiable qui pourra attester de l’authenticité des faits

  2. Votre témoignage est bouleversant Monsieur. Et si courageux. Je vous souhaite, tellement et si profondément, de vous sentir un jour mieux, d’entamer le chemin de la guérison. Vous semblez avoir en vous des forces infinies, en dépit des souffrances qui vous ont été infligées si durement — et par ce prêtre immonde, et par votre famille, qui est au moins aussi coupable, si vous me permettez.
    Je vous souhaite du courage, au sens plein du terme.
    Marie.

  3. « Il est mignon, tu me le prêteras ? », donc il y avait ouvertement un club de pédophiles à Ecône à l’époque de Mgr Lefebvre ??? C’est difficile à croire que ça se passe aussi dans nos séminaires mais l’abbé Thouvenot n’a pas l’air de démentir. Merci en tout cas d’avoir ouvert les commentaires.

  4. @Jean-Luc,

    Pas de verdict hatif svp…
    L’abbé Thouvenot ne dément rien… il veut, à juste titre, en savoir plus.
    A la justice ensuite de faire son boulot…
    Si le témoignage s’avère-faux… cela serait de la diffamation. So prudence et professionnalisme.
    Merci.
    Par contre vous pouvez tjrs attentez un procès à Cohn Bendit. Là y a du flagrant délit.

    1. Je prends connaissance de ce témoignage bouleversant aujourd’hui et j’en suis profondément ému. Je suis prêtre, ordonné à Ecône. Je suis entré au Séminaire le même jour que l’abbé Q. (octobre 1985). Ce confrère m’a toujours exaspéré par ses manières efféminées et sa soutane en satin ! Heureusement, le directeur lui a très vite interdit de la porter ! J’ai toujours été convaincu que ce garçon n’avait pas sa place dans un séminaire et qu’il n’aurait jamais dû en franchir le seuil. J’ai été très heureux quand j’ai appris qu’il n’était plus dans la Fraternité.
      Je ne peux pas apporter de faits précis allant dans le sens de Philippe, mais en tous cas, je ne suis pas surpris. J’ai eu l’occasion de voir vivre l’abbé Q. au séminaire de Gricigliano pendant quelques temps. Il était le séminariste « chouchou » de « Mgr » et son grand cérémoniaire. Il était dans les confidences du supérieur, alors qu’il n’était encore que séminariste. Leur amitié particulière était visible de tous, sans que nous puissions dire plus. Ce séminaire abritait bien d’autres efféminés, dont j’ignore tout des mœurs privées, mais qui devraient alerter la vigilance de bien des parents d’élèves de leurs écoles. Le cancer du colon qui l’a emporté si jeune m’avait terrifié à l’époque, connaissant les manières du personnage. Cela ne constitue pas une preuve, c’était juste une intuition. Le témoignage de Philippe vient confirmer tous mes soupçons.
      Oui, il faut protéger les enfants et prévenir les parents d’être très vigilants tout en restant prudents. La prudence n’est pas l’inaction, c’est la justice.

      1. Merci, Monsieur l’abbé, pour votre témoignage à la fois ferme, sans concessions, et mesuré. Soit dit en passant, comme il est évident à la lecture de ces lignes que vous avez bel et bien connu l’abbé Q., on mesure le ridicule de la censure (par ailleurs odieuse) qu’exerce la FSSPX: tout le monde a reconnu l’abbé Q., puisque les témoignages « en plein dans le mille » à son sujet abondent. Le roi Fellay est nu.

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