Pinocchio à Menzingen

La maison générale de la Fraternité Saint-Pie X (FSSPX) est devenue si coutumière des contre-vérités que nous avons cessé de relever toutes ses manipulations, mais un lecteur nous a priés avec insistance de revenir sur un mensonge particulièrement énorme. Cela constitue le point 1) ci-dessous. Nous y avons ajouté un point 2) sur la base d’une lettre que nous avons pu consulter.

1) Dans l’article du Spiegel Online du 29 mai 2016 (voir
http://www.stop-pedos-trad.is/wp/index.php/2016/05/29/pedophilie-dans-la-fsspx-faites-confiance-au-pretre/) la maison générale de la FSSPX affirme entre autres ceci:

« L’abbé Laurençon, supérieur de la Fraternité en France depuis 1996, a pris diverses mesures contre [l’abbé P.], de plus en plus restrictives. Ces mesures ont toujours été approuvées par Mgr Fellay, supérieur de la Fraternité depuis 1994 ». Cette déclaration de Menzingen est un mensonge éhonté. Comme nous l’avons signalé dans cet article, Mgr Fellay a en effet cassé la seule mesure stricte qui ait jamais été prise à l’encontre de l’abbé P.: en 2000 l’abbé Laurençon lui a interdit purement et simplement tout apostolat auprès des jeunes, et Mgr Fellay a cassé cette décision. Le nez de Menzingen s’allonge donc comme celui de Pinocchio lorsque la maison générale de la FSSPX déclare que les mesures de l’abbé Laurençon vis-à-vis de l’abbé P. « ont toujours été approuvées par Mgr Fellay ». C’est de la tromperie pure et simple.

2) Autre allongement de l’appendice nasal: dans une lettre du 9 octobre 2009 à une victime, Mgr Fellay a prétendu que, pendant longtemps, peu de textes de référence étaient disponibles au sujet de la manière de traiter les cas de pédophilie dans l’Église: « C’est seulement à partir des scandales récents qui ont éclaboussé l’Église que des directives claires ont été données (…). [Par le passé], moi-même, lorsque j’ai voulu connaitre la pratique de l’Église dans des affaires de pédophilie, j’ai cherché pendant deux ans avant de découvrir de vagues directives ». Si Mgr Fellay a eu tant de peine, et pour un résultat si maigre, c’est peut-être à cause d’une infirmité redoutable: la cécité volontaire, accompagnée d’un allongement nasal. Aussi, pour vous guérir de cette triste maladie, Monseigneur, nous avons tiré de la lettre de Benoît XVI aux catholiques d’Irlande cet extrait que vous recevrez sans doute comme un boomerang:

« 11. A mes frères évêques

On ne peut pas nier que certains d’entre vous et de vos prédécesseurs ont manqué, parfois gravement, dans l’application des normes du droit canonique codifiées depuis longtemps en ce qui concerne les crimes d’abus sur les enfants ».

Oui, « depuis longtemps ». C’est clair, Mgr Fellay. Alors, que trouverez-vous encore comme prétexte pour essayer de justifier vos lâchetés, fustigées par Benoît XVI?