Foire Aux Questions

Question: « Pourquoi salissez-vous de bons prêtres catholiques? »

Réponse: Nous ne salissons personne. Les prédateurs sexuels ne sont par définition pas « de bons prêtres » et ce sont eux qui salissent leurs victimes et se salissent eux-mêmes. Leurs supérieurs salissent leurs propres congrégations respectives quand ils protègent de tels personnages ou font semblant de n’avoir rien vu. Le premier souci, qu’il s’agisse de méfaits sexuels sur adultes ou sur enfants, doit être de secourir les victimes. Malheureusement, on constate souvent que le premier réflexe est de se soucier de « la réputation » du malfaiteur et de sa communauté. C’est exactement le monde à l’envers. Le pape Benoît XVI, dans sa lettre aux catholiques irlandais, parle d’ailleurs de « préoccupation déplacée pour la réputation de l’Eglise et pour éviter les scandales, qui a eu pour résultat de ne pas appliquer les peines canoniques en vigueur et de ne pas protéger la dignité de chaque personne ».

Bien sûr, toute vérité n’est pas bonne à dire et la règle première est de remédier aux turpitudes sans les révéler publiquement. Cependant, ce devoir de discrétion n’est pas absolu. Premièrement, comme nous l’expliquons sur notre page d’accueil, il existe un phénomène de déni très répandu. Chacun, sûr de sa petite « chapelle », refuse la simple idée que de pareils actes puissent arriver « chez nous ». C’est ainsi que les victimes, adultes ou enfants, ne sont souvent pas crues. Elles sont alors accusées, comme si elles étaient elles-mêmes coupables. Nous en avons vu et continuons d’en voir fréquemment des exemples. Dans certains cas, l’opacité et l’ambiance étouffante du milieu est telle que les victimes elles-mêmes sont dans le déni par rapport à ce qui leur est arrivé et ne parviennent pas à verbaliser les sévices subis. Il est donc salutaire que les membres des « milieux tradis » aient connaissance de cas concrets, pas pour voir un prédateur derrière chaque poteau ou pour jeter le discrédit sur tous les clercs traditionalistes mais pour savoir que ce genre de comportements existe aussi « chez eux ». Ainsi, la parole des victimes sera libérée et crue. Nous constatons d’ailleurs, dans les messages qui nous sont envoyés par des lecteurs, une certaine prise de conscience grâce à nos articles. Enfin, second argument, quand des supérieurs remettent en contact avec des enfants des individus précédemment suspectés de pédophilie, le « manteau de Noé » n’est plus de mise, et crier au loup devient un devoir.

Question : Pourquoi ne parlez-vous d’abus sexuels que dans les milieux catholiques et même traditionalistes? N’y a-t-il pas beaucoup d’autres milieux où creuser ce genre de scandales?

Réponse : Bien sûr, les abus sexuels, pédophiles ou autres, existent dans bien des milieux. Par exemple, la Grande-Bretagne connaît depuis 3 ou 4 ans un scandale considérable qui secoue plusieurs de ses « vénérables » institutions.

On trouve aussi des scandales sexuels considérables dans le clergé bouddhiste dans plusieurs pays asiatiques, comme Medias Presse Info s’en est fait l’écho.

L’Algérie a été touchée par des faits du même genre dans des écoles coraniques. De même des milieux musulmans en Floride.

Chez nous, souvenons-nous du scandale pédophile de Villefontaine, l’été 2015: l’éducation nationale avait été prévenue par la concubine du suspect depuis plusieurs années.

Et ce ne sont que quelques exemples. De façon plus générale, on sait que les auteurs de pédophilie sont souvent des proches des enfants: oncles, pères etc. Bref, il y aurait beaucoup à écrire ou à dénoncer mais il est de bonne pratique que chacun parle de ce qu’il connaît. Nous connaissons des affaires de ce type dans les milieux traditionalistes, et nous en parlons pour les raisons exposées sur la page d’accueil

Question: « Pourquoi l’abbé X n’est-il toujours pas en prison ou au moins devant un tribunal? Après tout ce qu’il a fait… »

Réponse: Pourquoi? Peut-être parce que les gens qui, comme vous, savent des choses sur son compte ne se sont pas encore manifestés. Un dossier pénal se construit par dépôts de plaintes et par témoignages. Sans plaintes ni témoignages, la police et le parquet ne peuvent rien faire. Il est probable que de nombreuses autres gens connaissent les méfaits de l’abbé X ou conçoivent au moins des soupçons fondés mais, tant que la police et le procureur ne sont pas au courant, ils ne lanceront pas d’enquête. Il est donc capital que vous alliez dans un commissariat ou une brigade de gendarmerie pour faire acter ce que vous savez. Même s’il s’agit de faits relativement isolés ou minimes, il est possible que les policiers et magistrats puissent les mettre en rapport avec d’autres dénonciations du même type. Des gens qui ne se connaissent pas, qui habitent à des centaines des km l’un de l’autre et qui dénoncent des faits similaires concernant le même individu, ça éveille forcément la méfiance de la police et c’est cela qui peut conduire un magistrat à lancer une enquête approfondie. Ne devenons pas paranoïaques, bien sûr, mais n’hésitez pas à signaler aux autorités tout soupçon qui vous paraîtrait sérieux.

Question: « Comment se fait-il que de pareilles choses se produisent dans nos bons milieux traditionalistes? »

Réponse: « Nos bons milieux » ne sont pas toujours si bons que cela. Derrière les belles apparences, combien de misères! Nous connaissons des dizaines de cas de ces « bonnes familles traditionalistes », qui donnent des religieuses, des frères, des prêtres, devant qui tout le monde se pâme d’admiration et qui, à l’intérieur, sont désunies, déchirées. Des mésententes entre parents, qui vont parfois jusqu’au divorce, des familles recomposées (eh oui, même dans « nos bons milieux tradis »), des séquelles psychologiques parfois irréversibles pour les enfants qui souffrent de ces tensions… Des dépressions, des suicides parfois… Quand on a connu de près ce genre de cas, on comprend qu’il n’y a pas de raison – si l’on ose dire – pour que les abus sexuels n’existent pas aussi dans « nos bons milieux ».

Question: « Comment se fait-il que, fidèle de la Fraternité X/ de l’Institut Y depuis tant d’années, je sois à présent « lâché » par ces gens, maintenant que mon fils/ma fille est victime d’abus et que je demande simplement justice? Je connais si bien ces gens, je leur ai donné toute ma confiance pendant 10 ans, 20 ans ou plus, et maintenant je n’existe plus pour eux, simplement parce que je demande réparation pour mon enfant. Comment est-ce possible?… »

Réponse: Ce qui est souvent difficile à comprendre est que la plupart des organisations traditionalistes fonctionnent comme un « système »: soit on y est totalement loyal, soit on en est rejeté. En demandant réparation pour votre fils ou votre fille, victime d’un pervers que les autorités de cette Fraternité ou de cet Institut n’ont pas voulu mettre hors d’état de nuire, vous mettez en cause ces autorités et donc « le système ». Ce dernier, qui gouverne mal mais se défend bien, réagit en vous éjectant. C’est triste et glaçant à dire mais c’est comme ça que fonctionne la « machine ». L’AVREF, par exemple, explique bien ce mécanisme.

Au fond, Madame, Monsieur, ce dont vous vous plaignez, ça s’appelle un abus de confiance. Le problème central est là: la confiance. Tout être humain a besoin de s’ancrer dans un environnement (personnel, familial, professionnel etc.) où il puisse se sentir en confiance, c’est-à-dire ne pas être en alerte en permanence et se sentir « naturellement » en sécurité. Comme vous avez fui « le modernisme » et son cortège de fantaisies, liturgiques, catéchétiques, disciplinaires etc., vous avez trouvé dans le monde traditionaliste un lieu où vous vous sentiez protégé contre des excès du « modernisme ». Vous vous y êtes senti en confiance et, ce monde vous apparaissant comme un refuge, vous n’avez pas imaginé qu’il puisse à son tour se transformer en menace. Pourtant, c’est bien ce qui s’est passé avec cet abus dont votre enfant a été victime, et la façon dont les autorités traditionalistes vous laissent dans le pétrin pour « ne pas faire du tort à la réputation » de leur Fraternité/Institut.

Un certain Arturo Vasquez, ancien séminariste de la FSSPX, explique bien ce processus: aucun être humain ne peut vivre en étant en permanence en alerte. Il a donc besoin d’un milieu où se sentir « chez lui », en sécurité, en confiance. Malheureusement, on n’est jamais sûr de rien en ce bas monde, et même la zone de confiance peut se révéler pleine de dangers. La solution consiste à ne pas donner sa confiance à 100% et à garder toujours une partie de ses facultés en éveil. Nous laissons M. Vasquez expliquer cela avec son sens aigu de la psychologie:
https://arturovasquez.wordpress.com/2008/06/28/on-the-closing-of-the-lefebvrist-mind/